Auto-crucifiée

Nous qui essayons d’évoluer passons fatalement par ce stade…

On culpabilise.

Pour tout.

Pour rien.

On perd un temps et une énergie folle dans cette activité…

somme toute plutôt inutile.

Pendant que l’on culpabilise.. on avance pas.

Rien ne se passe d’autre non plus.

Mis à part peut-être que la tête que l’on fait dans ce moment peut faire croire aux autres qu’on a un problème avec eux.

Parce que les gens ont tendance, moi comme tout le monde, à tout prendre pour eux.

Du coup, ils se sentent mal aussi.

Parce qu’ils sont dans l’incertitude…

C’est le mouvement perpétuel des mauvaises vibes.

Typiquement le genre de truc que l’on fait par habitude.

Qui ne ser à rien.

Voir même ,qui est contre-productif.

Assurement.

-Mais si on ne culpabilise pas, alors c’est la porte ouvert à tout les dérapages ?

Mais non.

Ca n’empêche pas de faire des choix.

D’être responsable de ses actes.

Maintenant, tout le monde sait qu’il faut faire des erreurs pour avancer.

C’est indispensable.

Même si on ne veut pas, on ne peut pas y couper.

La connerie humaine est sans limite,

Il n’y a qu’à écouter les infos…

Alors cet extrémiste adapte du pire mouvement existant… rien n’indiquait qu’il allait passer à l’acte… !!!

Sauf, peut-être que c’était un extrémiste adapte du pire mouvement existant?

Non ?

Ou alors, ces deux frères ont porté plainte contre Exit pour empêcher leur frère de mourir.

Du coup il a du le faire par ses propres moyens…

Les deux frères portent une nouvelle plainte contre Exit pour non-assistance à personne en danger… parce qu’Exit avait prévu que ça pourrait se passer.

Voilà comment on nous présente les choses.On en revient à la culpabilité..

La police anglaise, Exit..On culpabilise, histoire de ne pas culpabiliser.

La ministre, la cheffe de Scotland Yard, la maire de Londres ( c’est fou toutes ces femmes au pouvoir).

Enfin bref.

J’aimerais qu’on s’en remette à la compréhension,

Et si on y arrive pas, alors on trouve un compromis.

Pour que tout le monde soit content.

Le temps que l’on passe à se compliquer la vie!

Nos vies, celles des autres…

On pourrait se faire tellement de bien

 

Le sang du Göeland

Quai du bas, fin d’après-midi.

Je reviens de l’Ecole de la journée continue à la Plaenke.

 

Avec ma petite -fille, sur ma trotinette.

Quand soudain, surgit de nulle part,

comme dans la chanson..

surgit un oiseau blanc.

Un goéland leucophée à tête blanche.

On les voit de plus en plus au bord  du lac, et même dans nos villes.

Pourtant ce sont des oiseaux marins.

Ils ont commencé à s’installer chez nous, il y a une cinquantaine d’années.

En remontant le Rhône, petite à petit, ils ont colonisé les lacs , allant jusqu’à menacer les espèces locales.

Ah, c’est beau un go’eland .

On dirait une supermouette..

Mais ce jour là, j’ai appris un truc sur eux que j’ignorais..

et je vous déconseille de lire la suite si vous êtes sensibles.

Ce bel oiseau avec son long bec recourbé à déposé sur une pierre au milieu de la rivière, sa proie déjà bien âbimée.

A ma surprise, il s’agissait d’un autre oiseau.

Et d’ou j’étais j’avais une vue plongeante sur son corps percé de trou.

Et du goëland plongeant son bec à l’intérieur pour atteindre le coeur.

Son bec rouge de sang.

Patiemment, il plongeait et replongeait son bec.

Et le sang coulait tour autour de son bec.

Sa pauvre victime, immobile petit cadavre percé de deux trous.

A chaque becquée, le sang laissant des sillages rouges dégoulinants sur ce

beau et long bec de goéland.

Ca m’a choqué.

Je ne le savait pas carnivore.

Cannibale se nourrissant d’une espèce soeur.

Pourant, moi je suis une incorrigible carnivore.

Mais ce serait comme manger un singe— le truc qui ne me viendrait

pas à l’idée sans frémir de dégout.

Ca m’inspire des sentiments curieux et contradictoires.

Alors,  amis végétariens… la nature est ainsi faite, avec ses règles qui paraissent cruelles, mais les animaux n’ont pas de scrupules à se manger entre eux.

Pourquoi devrions nous en avoir ?

Le goéland en particulier se nourri des petits d’autres espèces.

Ce bel oiseau symbole de mer et de liberté

n’aime pas que le poisson….

Mais ce sang, ce cadavre, ce spectacle du chasseur déposant sa proie et savourant son coeur

à soulevé le mien.

Je veux bien mager des steacks.. mais je n’irai pas tuer moi-même mon kangourou….

Par contre, je veux bien croire, si Aldi et Denner n’existait pas, que j’aurais rarement l’occasion d’en manger.

Et aucune d’en chasser.

Tuer pour manger.. je le ferais sans hésiter si j’avais faim.

Je me demande si ça se mange, le goéland ?

Je vais plutôt me renseigner, parce que je n’en sais rien.

 

il semblerait que non, éventuellement les oeufs…

avec un arrière-gout pas top…

Enfin voilà…

 

 

 

Ma belle Bienne en été

Quand je traverse la ville sur ma trotinette,, je passe presque toujours par les mêmes endroits.

Quai du bas, je longe la rivière jusqu’à la place Centrale.

Il n’y a qu’à suivre le trottoir, et, mis à part quelques promeneurs avec leurs chiens, on y voit pas grand monde. côté Cinéma Rex.

Exception faites, sur les bancs qui longent la grosse barrière de fer forgé,

décorée tout les 10 mètres par les armoiries de la ville.

Deux haches entre croisées.

A force, on oublierais presque que ce sont des armes redoutables… à moins qu’on les voit simplement comme des outils pour découper les arbres…

Il y en a deux.. alors, une pour chaque activité, ça me semble juste.

On construit et on se bat pour vivre.

Pas survivre, vivre.

Bienne est redevenu une ville vivante.

Je sens son coeur battre.

Alors bien sur, il y a encore des ajustements à faire, pour que tout le monde soit heureux.

Prendre soin les uns des autres.

N’exclure personne.

Avoir conscience que ce qui arrive , en bien ou en mal s’adresse à tous.

Pas seulement parce que l’existence à beaucoup d’imagination quand il s’agit de frapper ce qui semble intouchable,

mais aussi à cause des conséquences, des répercussions .

Comme quand on lâche un tout petit caillou dans l’eau.

Ou qu’un tout petit canard travers la rivière, laissant derrière lui un long sillage .

Ca grandit, et ça finit par disparaitre.

Jusqu’au prochain canard.

 

Perse et vert

Les mots.. ils disent ce qu’ils veulent..

Moi aussi, d’ailleurs.

Je regarde le film sur la vie de Patrick Dills.

Je me souviens bien de cette affaire, de ses rebondissement.

C’est tellement vrai qu’il avait l’air coupable.

Avec sa moustache, ses lunettes.

C’est une histoire terrible-

Le pire d’un drame humain et de ses erreurs, concentré.

Une tragédie moderne.

Pauvre familles brisées. flics incompétents, médecin négligent…

juge, avocat, journaliste..

Détenus violents…Tueur en série …

^tellement d’années pour essayer de réparer…

Je me souviens bien que même moi je le croyais coupable,…

Mais qu’au final , j’ai compris que non.

L’histoire d’une vie.

J’espère qu’il est heureux aujourd’hui

 

Prise de conscience renforcée

Faisons un exercice très simple :

Sur le même ton tranquille . dites :

+) Il est très important d’arriver à l’heure juste, c’est la condition pour que ça se passe bien

Ensuite, exactement avec le même ton, dites :

2) Il est très important de se donner le temps nécessaire pour éviter le stress, c’est la condition pour que ça se passe bien.

Aujourd’hui ,j’avais un rendez-vous important. Et pour moi, il était nécessaire d’être à l’heure.

Parce que , je suis fille d’horloger.

Parce que j’ai été éduquée comme ça, alors, l’heure c’est l’heure.

Avant l’heure c’est pas l’heure et après l’heure non plus  … et

STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP

mais putain, j’ai pas de vie, moi ?

Quelqu’un va mourir entre 13h01 et 13h 10 ?

Comme une boite de conserve périmée le 24 juillet à 15h23..

A 15h24, il se passe quoi ?

Les bactéries à l’intérieur se concertent et décident d’exploser en choeur ?

« A la une, à la deux. à la trois, on y va les filles ! BAAAAAAAAAAAm !

Et le type qui vous attends, pareil ?

Ben non, mis è part, qu’il aura le temps de faire autre chose par exemple.

Allez savoir, ça peut même l’arranger un peu .

Et moi là, dans ce cas précis, je m’épargne un stress supplémentaire, qui viendrait se rajouter aux autres, et risquerait vraiment de me faire exploser.

Au point que je pourrais servir  pour un attentat, sans qu’on aie besoin de me rajouter une ceinture d’explosif.

Bon, la télé m’informe aimablement qu’il est une heure 47…

et du visage des nouveaux élus vaudois ..et. oh comme il est chou,

qu’on a un champion de pool -dance genevos…

Mouais.. je vais plutôt aller me coucher…

Et puis.. ça parle aussi de ce si brillant policier  neuchâtelois qui s’est donné la mort.

Le genre de truc incompréhensible.

 

On the Road again Woman…

je me remets en selle, mon chargeur  fonctionne bien.

Chez Photovision, ils m’en ont commandé un . Nikon-compatible.

A moitié prix.

Je devrais aller bien.

Ce qui m’use, c’est cette spirale de haine qui revient sans cesse.

Ce que je construis , détruit, par mégarde ou volontairement.

A coup de pieds.

Comme le petit banc sur ma terrasse que j’aimais bien.

Qui git lamentablement à terre, irrécupérable.

Pourquoi tant de haine  envers des objets innocents ?

Je suis proche du burn-out.

Mais le soleil revient, je vais, je dois tenir à tout prix.

Me concentrer sur ce qui va bien.

Ne pas me laisser descendre.

Ni par les autres, ni par moi.

Arrêter de culpabiliser, et avancer.

A tout prix.

Retrouver le sourire de la chance.

 

Au pays des merveilles

C’est le bord du lac en photo après 10 jours sans un click.

C’est le doudou de ma petite fille qu’on retrouve intact dans la nuit après une grande promenade.

C’est la douce chaleur qui se repends ENFIN sur nos peaux  froides de reptiles urbains.

C’est la nuit qui tombe plus tard.

C’est l’orage qui se fait attendre.

C’est la pluie , le beau temps..  tout à la fois.

C’est dire « bonjour » aux gens que vous croisez même si vous ne les connaissez pas.. et être surpris  qu’ils vous répondent.. sans accent suisse-allemand.

Entre parenthèse, je n’ai rien contre, c’est juste une constatation.. on finit par s’habituer au pire.

Le suisse -allemand est , en particulier le bärnertütsch, est certainement la langue la plus moche du monde, sauf quand , c’est Stefan Eschert qui la chante (un magicien ce Stefan).

Ce sont des enfants de toutes les couleurs qui sortent de l’école et entourent Prisca pour la caresser.

 

C’est quand la sud-américaine du passage de la gare ne chante pas…

C’est quand enfin, c’est vendredi.

Déclaration d’Amour

Comme il faisait beau et chaud , aujourd’hui-

La ville se réchauffe, les coeurs et les âmes aussi.

Sans qu’on s’en rende compte.

Après une journée.. relativement éprouvante,

Je décide d’aller voir ma mère qui habite de l’autre côté de la ville,

près de la Gurzelen.

On parle bien,  personne ne m’attends à la maison.

rien à faire de spécial.

Alors, pour une fois, au lieu de filer comme un flèche sur ma trotinette,

je flâne.

Je regarde.

Je vois les gens au.dehors, qui pin.niquent devant les maisons.

Le long de la rue Dufour

Ces devants de bloc, autrefois inoccupés,

Servent à présent à de joyeuses tablées de familles taïlandaises,

D’autres voisins, italiens peut.être , ou bosniaques, que sais-je….

C’est le début de soirée,

Pas de voitures dans les rues.

Seulement quelques cyclistes.

Il fait encore jour.

Et chaud,

C’est l’heure de la promenade des chiens.

Alors, on s’arrête, on les laisse se renifler.

On papote un peu.

Les propriétaires de chiens aiment parler d’eux.

J’en rencontre un qui a payé 5000 frs pour que le sien ait une

prothèse de la hanche.

Je lui dit que ma mère aussi a une prothèse de la hanche.

On se comprends.

Il ne se vante pas, il est juste reconnaissant d’en avoir les moyens.

Parce que son animal est un membre de la famille.

Aussi.

Mais il comprends aussi ceux qui souffrent de n’avoir pas ce choix.

Il me quitte avec un sourire, un « à bientôt » qui me fait chaud au coeur.

Parce que la sympathie sincère aussi fait du bien.

Après c’est un couple âgé, avec leur chien, âgé aussi.

Il se traine  un peu.

Mais au moment ou ile voit Prisca ma chienne, il s’anime.

Se redresse, tout heureux.

Les chiens ont besoin d’avoir une vie sociale aussi.

Et on papote.

C’est un de ces jours étrange ou j’ai envie de dire bonjour à ceux que je croise.

Aux cantonniers qui sont encore au travail.

A ce monsieur qui avance en boîtant, avec le sourire quand même.

Je dis « bonjour » .

Et ont me réponds joyeusement.

C’est simple, mais ça aussi, ça fait du bien.

C’est ma ville, je la traverse, et je la trouve belle.

Comme un grand village.

Dans ses rues tranquilles,  avec ses arbres en fleurs.

Et d’autres fleurs des champs qui se sentent bien,

aux pieds des arbres.

J’arrive au centre ville.

Les gens se promènent.

On dirait un dimanche.

Sur la place Centrale, les jets sont en marche,

Les gens sur les bancs prennent la fraicheur..

 

Je regarde les couple, les petits groupes.

qui vont en direction du lac.

Des tatouages-

Ce qui me frappe, ce sont les jeunes filles. tatouées sur le visage.

Elles sont jeunes, elles sont belles.

On dirait qu’elles font partie d’une nouvelle tribu.

Les garçons aussi, sont tatoués sur le visage,

voir sur le crâne entier.

Voilà, j’arrive dans mon quartier.

Place Walser-

J’y suis presque.

J’y suis bien… à Bienne.

 

 

 

 

 

Gitane bleue sans filtre

Comme c’était cool d’avoir les copines avec moi cet après-midi.

Je les aimes , mes copines.

Elles sont tellement différentes,

Mais elles ont un point commun : je les trouve belles.

chacune dans son genre.

Doris, quand elle sourit et discute avec les autres.

Mel, quand elle détache ses cheveux.

Maud quand elle chatouille les petites filles.

Elles sont partie, et j’ai plus dans mon frigo qu’a leur arrivée.

Elles sont comme ça , mes copines.

J’ai de la chance de les avoir.

 

 

Lettre à Emma

Chère Emma,

Nous ne nous connaissons pas, dans la vraie vie.

Tout ce que je sais de toi tiens en quelques mots : tu vis dans ce lointain continent . l’Amérique du Nord.

Au Canada, dont le Québec est la seule province qui a pour langue officielle le français.

Un français excellent que tu maîtrise parfaitement, sans jamais de faute, ni d’orthographe, ni de grammaire… ce qui est bien agréable à lire.

C’est au hasard de Facebook que nous nous sommes rencontré.

Mes horaires tardifs nous ont permis de discuter malgré le décalage horaire.

J’ai découvert ta grande sensibilité, à cette époque tu finalisais tes études, et maintenant c’est fait, tu as ton diplôme.

Le droit, la psychologie… tout ce que j’aurais rêvé d’étudier.

Mais ce qui nous réuni  bien plus, mis à part l’amour des animaux, c’est la sensibilité, l’horreur de l’injustice et la connaissance de la douleur.

Je t’écris aujourd’hui, pour parler d’armure.

Armure…

On imagine aussitôt, un assemblage moyen-âgeux de pièces métalliques recouvrant le corps d’un homme partant pour le combat.

Mais celle dont il sera question ici, est invisible, à l’oeil nu.

Invisible, mais présente, trop parfois, chez ceux qui croient se protéger , en se blindant.

J’ai mis du temps…

je  me rendais bien compte que j’étais un livre ouvert,

avec mon coeur offert aux autres sur un plateau d’argent,

ma naïveté,

ma façon de prendre les choses au premier degré,

j’étais la proie idéale pour le premier méchant loup qui passe.

Et ils ne se sont pas gênés.

Mon coeur, morceau de choix..

fut lacéré,

jeté aux orties,

donné en pâture aux rats,

traîné dans la boue la plus ignoble.

Je le ramassais et chaque fois, je le replaçais sur son socle,

jusqu’à ce qu’il tombe,

retombe

et tombe encore.

Une nuit, j’ai décidé que ça suffisait.

Alors, à l’abri dans ma chambre d’adolescente,

j’ai décidé de me blinder.

On n’avait pas encore internet à cette lointaine époque.

J’avais lu quelque part, mais où ? une méthode infaillible pour ne plus ressentir la douleur.

Il fallait répêter ce mantra, des centaines de fois, un millier au moins :

« je me blinde »

Je ne me souviens plus de la phrase exacte.

Mais je l’ai fait toute la nuit.

Inlassablement j’ai répété la phrase magique qui me permettrait de stopper les attaques et d’en finir avec ces souffrances perpétuelles.

Et vous savez quoi ?

Ca a fonctionné.

Le lendemain matin j’étais blindée.

Fini de me sentir mal si on me disait « bonjour » un peu plus sèchement que d’habitude.

De rougir , dès qu’ un garçon m’adressait la parole.

De changer de trottoir par peur d’être confrontée …

Forcément, j’ai changé.

 

Plus détachée, plus cynique…

Je ne crois pas que tout vienne de là.

Parallèlement

je me suis entrainée, comme une sportive pour vaincre cette timidité , ces peurs stupides qui me paralysaient.

Voilà où j’en suis arrivée.

Le blindage ne laissait plus rien passer.

Ni les mauvaises, ni les bonnes émotions.

Comme si j’évoluais dans une cage que j’avais construite

et dont j’avais la clef,

je  ne voyais plus la vie au-dehors.

Quand je m’en suis rendu compte, j’ai du faire machine arrière et me déblinder.

« Je me déblinde.. je me déblinde.. je me déblinde…

Malheureusement.. mon blindage initial était si solide qu’aujourd’hui encore,

malgré mes efforts pour le faire disparaitre,

il reste des pièces profondément ancrées …

Je crois que nous sommes d’accord sur la plupart des points,

Là où nos avis divergent c’est quand tu dis que nous sommes tous plus ou moins armurés au départ .

Quand un enfant vient au monde, il est d’une pureté absolue,

totalement sans défense.

Il ne sait pas encore ce qu’est la confiance, et pourtant, sans les autres, il ne pourrait pas survivre

Comme les petits chatons, qui n’ouvrent les yeux que la semaine suivant leur naissance.

Un bébé n’a absolument aucun blindage.

Et mis à part quand sa couche est pleine, il a une odeur divine.

Il apprends ensuite, petit à petit , à se méfier.

Plus ou moins.

A se défendre, plus ou moins.

Des tas de paramètres rentrent en ligne de compte.

Son éducation, les personnes qu’il va croiser, sa constitution même.

Si il a des frères et des soeurs..

C’est drôle, mais à ce propos, dans mes observations enfantines, j’avais l’impression que les enfants uniques se débrouillaient mieux que les autres.

De mêmes que ceux dont les parents avaient divorcés.

On dit que les mères sont responsables de tout, c’est injuste souvent,.. mais leur influence est décisive…

Peut-être que la souffrance fait grandir ?

En tout cas, le blindage n’aide personne, plus il est hermétique et moins on a de possibilité de voir à qui on a affaire.

Et plus les possibilités d’échanges sont limitées.

Les failles, elles, laissent passer la lumières.

Alors, bien sûr qu’il ne faut  pas rester à la merci des grands méchants loups.. même si on ne les perçoit pas toujours tels qu’ils sont.

Mais les petits chaperons rouges se font quand même dévorer.. malgré leurs méfiances.

Ils ont beau remarquer que mère-grand à de longues dents et un torse poilu…

« c’est pour mieux te manger, mon enfant » est un passage obligé.

On peut se blinder tout ce qu’on veut, on empêchera jamais les épreuves de s’abattre.

Mais on ne va quand même pas se balader toute nue en appelant les fauves!

Apprendre, découvrir qui on est, poursuivre nos rêves, travailler, essayer et essayer encore d’évoluer, en ayant les meilleures relations possibles avec le monde est déjà une activité à temps plein.

Je suis souvent étonnée, au détour d’une phrase toute bête, au point que j’hésite même à la prononcer, des conséquences de mes paroles :

dire que j’étais à Tamanrasset, que j’aime les chevaux, que j’ai vu un castor…. et voilà qu’un petit pont s’établit.

Mais plus encore.

J’ai fait beaucoup de places de travail différentes, mais celle où j’étais le mieux payé, ou j’avais le plus de responsabilité, je l’ai eue en papotant sur tout et rien

avec des employés de la boîte qui étaient pour moi de parfaits inconnus.

Je leur ai demandé par la suite pourquoi ils m’ont choisie :

ils m’ont répondu que c’était mon ouverture, mon côté sociable, ma facilité de contact avec les autres.

Pourtant, Dieu sait si j’allais mal en ce temps là…

 

Tu sais, les fameux flashs  dont tu parles ?

Ils surgissaient dans les conversations les plus banales…

Comment expliquer ça sans passer pour une folle?

Arrêtons nous un instant pour en parler.

Ces flashs sont des symptômes de stress post-traumatique.

Grâce à la télévision, spécialement quand ça parle de soldats de retour de guerre, on peut se faire une idée de comment ça fonctionne.

Les hallucinations… auditives, visuelles.. qui vous font revivre des instants passés dans le présent .

C’est très perturbant.

Heureusement, je crois que c’est ton cas, je l’espère vraiment, ça se calme avec le temps.

Alors, je pense aussi sincèrement, que tu le sais parfaitement ; on ne peut pas en parler avec tout le monde.

Déjà parce qu’il n’y a rien de plus désagréable que la souffrance exposée, sans qu’on  y soit préparé.

Facebook est un bon exemple.

J’ai paramétré ma page pour éviter d’y voir des images qui perturberaient mon âme sensible.

Ce n’est pas facile du tout de faire la part des choses, quand on est en pleine conversation et que  flottent dans l’air des objets qui n’ont rien à y faire…

Quand on a l’esprit embrumés par le souvenir des coups durs et qu’on aimerait s’expliquer.

Parce que tout ce qu’on vit devient conditionné par ça.

Parce que ça fait tellement partie de nous que c’en est inséparable.

Qu’amputer cette douleur, serait comme la nier, et ça serait injuste envers soi-même.

Ce serait  encore , comme laisser les agresseurs sans tirer sans même qu’on le sache, comme si ça n’avait pas existé.

Comme un procès en cours dont on aurait pas le droit de parler,

que l’on fait et refait dans sa tête,

à la fois agressée et coupable de l’être.

On voit bien que ça dérange, alors, on fini par se taire…

Mais c’est encore pire.

Ca nous ronge de l’intérieur comme un poison.

Gare aux vampires qui se nourrissent de souffrances !

Ils sont très forts pour nous repérer dans ces moments là, ou on est spécialement vulnérables.

A éviter comme la peste avant qu’ils n’arrivent à contrôler nos vies !

Un psy ?

Oui.. mais il faut qu’il soit très  bon… et ça court pas les rues.

Beaucoup font plus de dégâts qu’autre chose.

Mon expérience est que le temps est le meilleur remède,

et ceux qui vous aiment vraiment.

A commencer par soi-même.

Avec de l’auto-tolérance, de l’auto-amabilité.. on s’aide surement plus qu’avec des médicaments .

Le problème des médicaments c’est les effets secondaires.

Ils sont comme des gaines pour masquer la graisse…

Ils la cache, la répartisse, mais ne la font pas disparaitre.

Seul le temps arrange les choses.

Pour en revenir à mon travail ,j’ai décidé de ne pas montrer cet aspect de ma personne , et de plutôt mettre en vant ce que j’avais de bon ; ma créativité, mon enthousiasme.

Quelques temps  plus tard, j’avais la responsabilité de l’entreprise, deux jours par semaine.

Puis la semaine entière.

Une entreprise qui brassait des milliers de francs tout les jours.

J’en ai vu passer tellement entre mes mains que la vue de billets , de tas de billets ne me fait absolument aucun effet.

C’est resté.

L’argent ne fait pas le bonheur, c’est ce qu’on en fait qui aide, par contre.

Et puis…

Ce que je voulais cacher à fini par ressortir.

Physiquement.

Je ne pouvais plus marcher…

Et voilà qu’une nouvelle tragédie est arrivée…

Mon appartement et tout ce qu’il contenait a brulé.

————————————-et c’était reparti pour un tour  🙂

Je sais que les épreuves ne s’arrêtent jamais…

parfois même je m’ennuie au point d’en vouloir.

Mais bon ,pas en ce moment !

Avec temps, l’accumulation, c’est plutôt des vacances qu’il me faudrait…

Chaque jour est une épreuve en soit.

Alors, comme je suis, comme toi Emma, sans cesse en recherche d’évolution,

parce que j’aimerais abroger le texte de cette loi  qui me fait recommencer les mêmes erreurs, alors….

je me déblinde encore.

J’arrête de vouloir me surprotéger, j’accepte d’avoir tort.

C’est tellement plus simple de dire : j’ai pas assuré…

plutôt que de chercher une histoire qui expliquerait pourquoi et me dédouanerait au passage.

Bien sur, Emma ,je ne me permettrais pas de dire que tu le fais aussi, on ne se connait pas assez pour ça.

Mais que celui qui n’a jamais utilisé cette méthode me lance la première souris!

Ce n’est pas si facile d’admettre qu’on est faillible.

Bien sûr, en être désolé ne sert à rien, mais , si c’est vrai, alors on peut le dire aussi.

C’est humain.

Comme l’étendue de notre imperfection.

Humaine.

Après tout.

Ces derniers jours, j’ai modifié mon comportement.

Pas radicalement, mais j’essaie de suivre la voie de la confiance,

de la compréhension.

Parce que c’est plus facile en vérité.

Avec les autres, je ne suis plus dans ce jugement implacable qui me faisait monter des sentiments de revanche et de rancune.

Je n’oublie pas, par contre.

Je les regarde bien dans les yeux.

Au lieu de les éviter.

Je n’essaie plus de régler mes comptes comme si ma vie en dépendait.

Et ça me réussit plutôt bien.

On ne se connait presque pas Emma, mais quelque chose me dit, une intuition , que tu sais de quoi je parle.

Que tu es déjà passée par là-

Que c’est pour ça que tu es plus sereine, sans être désabusée ni perdre tes instincts de justice.

Reste la souffrance, la constatation des inégalités.

La conscience d’être moins démunie que d’autres, et de l’importance d’être reconnaissante.

Tout ça, pour moi, va dans le sens du déblindage.

Voyageons légère :).

Avec le sourire aux lèvres, les cheveux bien peignés et les meilleures baskets aux pieds.

La vie n’est pas belle tout le temps,

mais quand le soleil brille au-dehors,

éclaire les arbres d’une lumière nouvelle,

alors tout est possible

à nouveau.

Avec toute mon amitié, bien réelle.