Yaël

Oh Yaël, mais c’est pas vrai ?

Tu faisais partie de ces gens avec qui ça colle, tout de suite.

De ceux qui n’ont pas peur de te prendre dans les bras et de serrer fort.

De ceux qui se comprennent sans parler.

On ne s’est pas vue souvent, mais chaque fois, on était en connexion instantanée.

On avait des projets.

Je voulais te mettre , les pieds dans l’eau des grandes écluses et tu aurais craché du feu.

Mais on était fauchée…

Alors on a remis…

Tu voulais prendre un de mes petits chatons…

On discutait  par écran interposé.

Et là, je ne sais pas pourquoi,

toi qui était la vie même,

tu as décidé de t’en aller.

Oh ,comme je m’en fiche des photos, dans cet instant…

on se disait qu’on avait le temps…

mais je reste

plongée dans un abîme d’incompréhension.

Je n’ai pas la prétention de savoir qui tu étais ..

j’aurais aimé, mais ce n’est pas le cas.

Je sais seulement ce que je ressentais quand je te voyais : le plaisir de retrouver une vieille copine, alors qu’on venait de se rencontrer.

Mais toi, tu faisais attention aux autres,

Tout ces autres…

Je ne comprends pas.

Je ne t’imagine pas , seule et ruminant d’aussi sombres pensées.

Avec tes yeux si particuliers,

plein de petites lumières,

pourquoi tu a préféré l’obscurité ?

Je ne comprends pas.

Je peux imaginer, par contre, sans peine,

que peut-être, tu cachais quelque chose, sous ce manteau de gaité.

Un désespoir

qui a force d’être contenu, a explosé ?

Je ne sais pas.

Je vais en parler, avec celle qui te connaissais mieux.

Parce que je veux savoir.

Parce que le monde n’aurait pas du  être privé de toi.

Alors, ça j’en suis sure, beaucoup doivent se dire :

je n’ai pas été assez présente.

Si j’avais su que tu allais aussi mal…

Mais ce n’est peut-être pas ça .

La mort peut sembler douce, quand la vie n’a plus bon gout.

Comme deux ailes qui vous prennent et vous emportent loin du chaos,

lorsque, épuisée d’avoir tant lutté,

on ne rêve que de s’endormir.

Loin du tumulte.

Loin du tapage.

Dans une profondeur parfaite.

Retrouver celui qu’elle avait tant aimé.

Si c’est son choix, je le respecte.

qui suis-je pour l’obliger à vivre, moi qui ai parfois tant de peine ?

Si ç’est ça.

Alors je comprends mieux.

Celles qui sont si généreuses se fatiguent plus vite que les autres.

Même si on les croit fortes.

Je veux penser à toi avec joie.

Parce que ton esprit est toujours là.

Quand tu aimais, c’était vraiment, de toutes tes forces, et ça

reste.

C’est indestructible.

Mais comment voulais tu recevoir autant que tu donnais ?

Est-ce que c’est ce que tu voulais, d’ailleurs?

je n’en sais rien.

Je nous revois, la dernière fois que l’on c’est rencontré.

Chez Clém, pour un souper.

On avait changé de place pour être l’une à côté de l’autre.

Je pensais qu’on allait se revoir…

Je me demande… si tu avais su, comme les gens t’aimais.

comme tu étais importante.

Comme tu avais ta place dans ce monde

et que tu aurais pu accomplir de grandes choses encore…

Je me demande

Si cela aurait changé quelque chose.

Yaël…

 

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