Touche du bois

Encore une belle journée qui s’achève.

Tout-à-l’heure, j’étaie en train de descendre mes poubelles.

Comme d’habitude, quand je n’ai pas assez de vignettes

( c’est comme ça à Bienne, une poubelle une vignette, deux si elle est plus grosse)

Comme d’habitude donc, je prends les deux moins remplie, je les tasses à mort et je les mets ensemble.

Arrive ma nouvelle voisine du dessus, qui me propose son aide.

En anglais.

Je le dis parce que c’est bien la première fois que quelqu’un me propose son aide pour tasser mes poubelles !

En anglais en plus.

Etonnée, et un peu gênée, je décline.

En anglais aussi.

Parce que, figurez -vous, je parle anglais, si , si.

Je parle anglais , avec l’accent indien.

Mais c’est une autre histoire.

Elle fait quelques pas en direction de l’entrée.

Je me ravise.

Il y a ces 30 kilos de bois que je ne peux pas monter toute seule.

Alors je lui demande de m’attendre.

Mais Madame à du caractère.

Pendant qu’on discute deux mots, elle décide de m’aider quand même.

En quelques secondes, on collabore pour enfoncer ces deux énormes poubelles l’une dans l’autre.

Je la remercie et je lui montre le gros sac de bois à monter.

Et là, pareil, on l’empoigne et on le monte, comme si on avait toujours fait ça ensemble,

En anglais.

Bon soyons honnête, je parle un anglais extrêmement rustique,

Mais qui suffit pour communiquer.

Bon la je suis en train de m’endormir.

Je n’ai pas arrêté de la journée. et il est déjà 3h46.

J’ai fait du feu, il fait déjà froid la nuit.

J’aime bien quand il fait froid, je dors bien.

J’ai commencé une nouvelle liste de toutes les choses bien qui m’arrivent en ce moment.

C’était de nouveau une très belle journée.

Un de mes rêves c’est réalisé aujourd’hui.

Je vous raconterai, quand ça sera le bon moment.

J’aimerais tellement remercier les gens qui réalisent les rêves des autres.

Parce qu’ils en ont l’opportunité.

Et qu’ils le font avec coeur.

C’est aussi ce que j’aimerais faire.

 

Samedi j’ai un mariage.

Un couple gentil et sympa qui rêvait d’avoir un vrai photographe,

mais qui n’en avait pas les moyens.

 

Samedi, j’ai un mariage ;).

 

 

 

 

 

La vie est belle

Je dirais même plus : la vie est très belle.

C’est carrément digne d’un état de grâce quand :

-Vous arrivez des commissions avec 15 kilos de bois ( le stère est pas encore arrivé) en même temps qu’un ami qui est ravi de les porter pour vous.

Quand vous décidez de faire un poulet aux patates douces, crème, vin blanc et ail en chemise, et que le résultat ressemble à une photo dans Betty Bossi.

Quand l’après-midi, vous allez faire des photos au bord du lac et que la lumière, cette miraculeuse et sublime lumière biennoise qui enchante tout être capable de l’apprécier, baigne l’horizon et le Strandboden tout entier.

Quand vous n’avez pas besoin de vous creuser la tête pour chercher un sujet.

Et que, malgré la fatigue, vous ne vous endormez pas sur votre clavier.

Quand vous n’êtes pas toute seule à penser que vous vivez dans la plus belle et passionnante ville du monde.

Que vous y croisez votre frérot, d’un autre père et d’une autre mère.

Quand il y a encore des Orangina dans votre frigo.

Quand vos 7 chats  sauvages viennent vous accueillir  à la porte, en bonne santé. Vous leur pardonneriez presque d’avoir baptisé votre couverture.

Quand votre amie très chère, que vous n’avez pas vu depuis 1 année vient vous présenter son bébé.

Quand le bébé en question est joli comme un coeur, se laisse photographier en débordant de mignonitude, et ne râle pas quand ça maman l’abandonne pour aller aux toilettes.

Quand le même bébé craque devant les peluches de votre ado de petite-fille qui n’en veut plus. Qu’il les prends dans ses adorables petits bras, les serre sur son coeur de bébé et les embrasse comme si elles étaient vivantes.

Vous êtes heureuse.

Quand l’inspiration vous vient, et vous rappelle le but initial de votre blog :

raconter ce qu’il y a de bien dans votre vie à Bienne.

Quand Netflix, vous sort deux nouvelles super-séries le même jour.

Et qu’une n’est pas une histoire de psychopate-sérial-killer.

(Vous adorez ça mais un peu de variété ne fait pas de mal.

Quand le collier que vous faites pour votre amie Katia prends enfin une forme qui vous plait.

Quand le feu brûle doucement dans votre cheminée, teintant d’orange votre salon.

Alors oui, la vie est belle.

Quand vous avez des nouvelles de vos amies et des tas de likes sur votre nouvelle photo sur Facebook.

Que celui qui n’a jamais apprécié ça me jette la première souris !

En parlant de souris, l’avenir  vous sourit.

Quand vous avez des projets qui ont du sens sont réalisables et pourraient même rapporter autre chose que de la gloire.

Même si vous avez déjà mangé toutes vos chips, le délicieux plat que vous avez préparé vient de sortir du four, et vous pourrez le déguster devant votre nouvelle série.

Bon c’est vrai, ça raconte une histoire, vraie, de malade mental tortureur, mais allez savoir pourquoi vous adorez ça.

Et puis, c’est avec Evan Peters, et vous adorez aussi Evan Peters.

Et Ryan Murphy qui est un p…. de bon show-runner. ( directeur de série).

Vous n’étiez pas sur de ce que ça voulait dire, mais Wikipédia vous a rassuré.

Bref, à moins qu’un avion ne vous tombe sur la tête, vous allez passer une bonne soirée.

Parce que vous adorez votre propre compagnie, et vous faire de bons petits plats.

Vous avez encore une pensée pour une autre amie rencontré avec ses enfants au bord du lac.

Qui était heureuse de vous voir.

Qui vous a parlé sans détour, avec une franchise totale, sincère et émouvante.

PArce que vous lui avez répondu pareil.

Parce que ça lui a fait du bien.

Parce qu’elle vous a remercié.

Vos vous dites que vous avez peut-être contribué à changer un peu sa vie, en mieux.

L’après-midi vous avez trouvé comment contrer un gros courant d’air dans votre atelier.

Il fera un peu moins froid cet hiver.

Et de toutes façons , vous avez réservé assez de bois.

Quand vous pourriez continuer encore longtemps votre liste, mais que vous avez faim et envie de voir votre série.

Quand vous savez qu’il y aura des personnes pour être heureuses que vous même le soyez, ..heureuse.

C’est pour eux que vous écrivez.

Vous vous sentez reconnaissante , pleine d’énergie et prête à travailler toute la nuit.

La Vie est belle et ça réchauffe le coeur.

Vous vous aimez, vous aimez les autres, ceux qui sont capables de se réjouir pour vous.

Vous aimeriez bien être charitable  au point d’aimer aussi ceux qui ne le sont pas.

Mais non,

Votre poulet vous attends.

 

Crevette

Crevé .. au féminin  : crevette.

Je suis une petite crevette.

ce soir en tout cas.

Il est à peine 1 h04 et j’ai déjà envie d’aller me coucher.

c’est dire !

Je baille à m’en décrocher la mâchoire.

c’est que, les émotions, ça fatigue.

Et des émotions, j’en ai eu aujourd’hui.

Je vous raconterai.

Mais là, je serai brève….

oui, oui, je sais, on dit ça..

C’était une belle journée.

Ces jours-ci, je suis plutôt heureuse.

J’ai fait des changements dans ma vie,

Pour la première fois, je n’ai plus ce sentiment de tourner en ronds.

J’ai franchi un cap.

Pour ça, j’ai du prendre des décisions.

Quand on prends des décisions pour soi-même, certains ne comprennent pas.

Ils se ferment , deviennent froid, ils vous en veulent.

Peut-être parce que vous êtes trop libre ?

Parce que vous faites ce qu’ils n’ont pas le courage de faire.

Je repense souvent à ce jeux, auquel j’avais participé.

On appelle ça, un G.N. Grandeur Nature.

Imaginez un château, dans la forêt, et un rôle qu’on vous envoie à l’avance, avec des instructions pour votre costume.

Ensuite, pendant deux jours,  les événements se se succèdent, avec des combats,  des retournements de situations, vous pouvez même mourir.

C’est l’occasion de se reposer un peu.

C’était fantastique.

J’ai fait des alliances, engagé deux barbares pour me protéger.

Trahi mon Seigneur pour rejoindre les rebelles.

Pourtant, à la base, je n’étais qu’un simple garde.

Garde du Comte, mon boulot consistait à filtrer les entrées, tout en assistant à ce qui se passait dans le château, puisque je gardais les appartements privés.

Je me suis éclatée comme jamais.

J’ai combattu avec mon épée

Je me suis cachée pour éviter une sorte de momie aux yeux phosphorescent qui pouvait vous tuer d’un seul regard,

Les scénaristes avaient de l’imagination !

Mais j’en ai vite eu marre d’obéir à mon chef, même si il était très beau :).

J’ai déserté.

J’ai vécu mon aventure à fonds, au point de finir épuisé mais heureuse.

En repartant, j’ai discuté avec mes amis qui participaient comme moi.

Ils c’étaient ennuyés.

Eux aussi étaient gardes, alors, ils ont gardé.

L’ entrée extérieure du château,  c’est tout ce qu’ils ont vu.

Ils n’ont pas bougé pendant deux jours.

Ils n’ont pas compris qu’ils étaient libres .

Pas question !

Pas question que j’aie froid cet hiver,

parce que d’autres ont décidé de se faire la guerre.

J’ai un merveilleux fourneau à bois, qui peut me servir aussi

pour des succulentes grillades.

Pas question  que je perde mon énergie à faire valoir mes droits.

Pas question que je vous réexplique encore une fois toute cette histoire aberrante.

c’est très gentil de me conseiller, en me disant fait-ci ou fait-ça !

J’ai fait !

Je vous assure, j’ai tout fait !

Sonné à toutes les portes, envoyé des mails, demandé conseil à l’Asloca, saisi la justice.

Je n’ai rien obtenu d’autres que de nouveaux ennuis..

Donc cette année, c’est décidé.

Je garde pour moi toute cette énergie, pour ma famille, pour mon travail.

Je n’aurai pas froid, j’ai fait ce qu’il faut pour.

J’ai profité de l’action chez Jumbo, et de mes 10 % offerts par la Coop qui a racheté Jumbo, pour obtenir du bois à un prix raisonnable.

Je ne me ferai pas livrer, mais je pourrai aller chercher mon bois petit à petit. Parce que , heureusement, il y a aussi des gens biens, à la Coop,

qui comprennent et qui aident en trouvant des solutions.

Soyons juste, il y a aussi des employés  ma lunés, mais ils ne sont pas en majorité de ce côté -ci de ma Coop.

Au contraire, depuis quelques années,  avec le nouveau responsable, et la venue de nouveaux employés très compétents, le niveau n’a fait que s’améliorer.

Comme quoi, la roue tourne.

 

Pas question que je laisse qui que ce soit me manquer de respect.

 

Voir pire, m’écraser.

Comme ce midi, à la sortie de la Coop.

Encore la Coop ? on dirait que j’y passe ma vie, ce qui est faux.

Simplement c’est le magasin le plus proche de chez moi, et comme c’est un centre commerciale, on y trouve , presque tout, ce qui m’évite de traverser la gare et d’aller en ville,

Ce qui est vrai par contre c’est ce qui m’est arrivé l’autre jour.

Alors que je sortais par le parking, péniblement, mes 40 kilos de terre sur ma trottinette,

une voiture est arrivé derrière moi.

Au lieu de ralentir, pour me laisser passer …

elle à accéléré  !!

Pour passer en force.

J’ai senti le capot me pousser les fesses.

J’étais si choquée, que je n’ai pas pu réagir.

Et l’enflure de première catégorie qui conduisait en a profité pour s’enfuir.

Lâchement, indifférent à ce qu’il venait de faire, avec sa grosse bagnole blanche.

Tandis que je continuais mon chemin, montais en moi une rage que j’ai du maitriser.

Pas question que je devienne une victime.

 

Pas question que je me laisse bouffer ma joie de vivre.

 

Comme tout le monde, j’ai des factures à payer, et des trucs que j’aimerais m’acheter

Qui n’a pas ressenti une furieuse envie de garder ses sous pour se payer un nouvel ordinateur, par exemple ou des vacances au Mexique…

Ca pourrait être déprimant.

Faire attention chaque jour, de ne pas dépasser son budget.

Mais on peut toujours voir ça d’une autre façon.

Nous avons tellement de chance de vivre dans un pays, qui n’est pas parfait certes mais qui en comparaison de bien d’autres nous permet d’exister sans craindre la pauvreté extrême et les bombardements, par exemple.

Nous avons des toits, de la nourriture, et la Paix.

Le droit d’aimer qui on veut, de penser ce que l’on veut et de s’exprimer à voix haute.

Plus je vieillis  et plus je me rends compte de la chance que j’ai d’être née et de vivre ici, en Suisse.

 

Je ne comprends pas toujours les choix des autres.

Un exemple :  le Marché médiéval qui se tient au bord du lac.

Payer une entrée pour avoir le droit d’aller acheter des choses…

Et pas 5frs.. non 100francs pour une famille de 4.

Du coup , je n’irai pas.

Je me contente de regarder défiler par la fenêtre, des hommes et des femmes vêtu com au moyen-âge.

J’ai l’impression d’être dans Beforeigner, une de mes séries préférées  qui se passe dans une Norvège moderne, avec des migrants venus du passé.

J’adore me déguiser, donc je comprends.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que cette période médiévale  ou la famine, la peste, les dérives de l’Eglise, le respect inexistant des droits des femmes, étaient de mise,

que cette période, donc, est une des pires de notre histoire.

Quand je vois une jeune fille exhiber fièrement une peau de renard.. de ces pauvres renards élevés exprès pour ça, et vendu à la pèle dans ce marché justement, ça me fait mal aux yeux, au coeur aussi.

Je l’imagine , cette même jeune fille, avec son costume de paysanne , propulsée dans ce passé médiéval.

Obligée de se lever à 4heures du matin pour nourrir les poules,

culbutée par son patron à 6 heures,

Dormant sur la paille, dérangée par les rats, avec pour toute nourriture un infâme brouet,

et le dimanche un quignon de pain.

Si elle à de la chance.

Quand à son écharpe en peau de renard mort…je doute fortement qu’elle aie eu droit à pareille richesse.

Alors d’accord, le renard est une plaie pour les poules, mais c’est surtout un animal sauvage magnifique,

normalement.

Finir sa pauvre vie comme ça. Élevé dans 3 cm carré , comme des poules en batterie, et mourir pour servir d’ornement à une pseudo paysanne mal renseignée sur les coutumes médiévales….. sacré karma !

Quand je me suis rendue pour la dernière fois au marché, il y a des années, le prix  d’entrée était encore décent, j’ai été choquée par ces tas de peau de renards

Mais voilà, tolérance… chacun est libre de. patati patata.. ça m’énerve quand même.

 

Alors, je m’auto-tape sur les doigts.

Je regarde par la fenêtre et je fais des photos des costumes qui me plaisent.

Parce que voilà, en cherchant bien, on peut toujours trouver du positif., même dans ce qu’on ne comprends pas.

Et s’accrocher à la tolérance.

Celle qu’on aimerait voir aussi pour nous, quand nos choix ne sont pas compris par les autres.

Bien sur, il y a des limites.

Dans tout .

Les limites sont faites pour être dépassées ? C’est vrai aussi.

Mais rester en colère ne sert à rien d’autre que de se bouffer soi-même.

Transformer cette colère, par contre, en quelque chose de bien , c’est possible.

Tenez l’autre jour, il m’est arrivé quelque chose, et la preuve que je l’ai transformé, c’est que je ne me souviens plus que de ce que j’en ai fait de bien :

La vaisselle.

J’étais tellement énervée, que je devais me défouler sur quelque chose.

 

Mais pourquoi ? j’ai beau chercher, je n’en ai plus aucune idée.

Et c’est tant mieux.

 

 

 

 

j

 

 

Reconnaissante

Il y a des gens formidables.

Des gens pour qui, faire le bien est naturel.

J’ai l’impression que c’est quelque chose que chose  que nous avons tous en nous, cette envie de partage.

Ce sentiment puisant qui nous prends quand nous avons l’occasion d’être solidaire.

Cette satisfaction qui nous réchauffe le coeur, quand, grâce à nous, quelqu’un d’autre va mieux.

La bonté est gratuite.

Elle n’exige rien en retour.

Mais, tout de même, la reconnaissance, face à un acte de bonté, va de soi, pour moi,

De la bonté, j’en vois souvent au marché aux puces.

Bien sûr, il y a ceux qui sont motivés par l’argent. Ce n’est pas un mal ; c’est même le principe de base du marché aux puces.

Se faire un peu d’argent avec ce qu’on ne veut plus.

Récupérer de vieilles choses qui peuvent servir à d’autres.

C’est fatiguant, ça demande un investissement en temps , en énergie physique et morale, et même , un peu en argent, puisque, même si elle n’est pas chère, il faut payer naturellement sa place.

Malgré tout ça, ce que je constate, et qui m’a très bien été expliqué par des participantes, hier, sur la place Walser, d’autres viennent pour une  raison qui tient en deux mots : faire plaisir.

C’est ainsi que pour deux francs, j’ai pu acheter une splendide  jaquette doublée, oui Madame, de marque et de qualité, pour ma petite fille.

Pour la même somme. j’ai eu deux belles chemises.

ainsi qu’un pull.

Tout ça pour ma petite-fille.

C qui m’a fait le plus plaisir, c’est de voir sa joie quand je lui ai rapporté tout ça.

Pour moi, j’ai trouvé une robe Desigual, et une splendide veste  vintage en pure laine vierge.

Une veste pareille, dans une boutique spécialisée , je l’aurais payée facilement 150francs.

Au marché aux puces, je l’ai eue pour 5 francs.

Il n’y a rien de plus écologique et économique que de faire ses achats au marché aux puces.

Et vous savez, la cerise sur la gâteau ?

Tout ça sentait bon, le frais lavé.

Ces dernières années, j’ai beaucoup ramé.

Maintenant, mon petit commerce de bijoux en ligne et mes activités de photographe ne me permettent pas de faire des folies, mais ça marche de mieux en mieux.

Je suis reconnaissante envers ceux qui m’ont soutenue.

Celles, plutôt, ce sont surtout des femmes-

Comme dirait Katia, je préfère soutenir quelqu’un qui fait quelque chose.

J’ai commencé avec presque rien, mais une fois la machine lancée, j’ai reçu de belles commandes et des fournitures.

Ce week-end, Katia est venue depuis le canton de Vaud, avec son mari Paul, exprès pour m’apporter des kilos de fournitures. donné par son amie Marina.

Grâce à ce très généreux présent, je vais pouvoir faire une nouvelle collection plus riche, tout en restant dans des prix abordables.

L’inspiration  m’est venue hier.

Je laisse exprès tout ça étalé devant moi, pour que les associations de perles se fassent dans mon esprit.

Vous allez voir , les merveilles !

En plus Katia m’avait préparé quelques jolies plantes pour agrémenter mon jardin d’hiver.

Ensuite,Katia et Paul m’ont invitée au Lago Lodge.

Ils m’avaient demandé de choisir un endroit, puisque, en tant que biennoise, je connais mieux les bons plans du coin.

J’ai hésité.

La Péniche, au bord du lac ?

LlEcluse ? avec son ravissant parc et son décor charmant ?

Et puis, ça m’a semblé évident, le Lago Lodge, qui est juste à côté de chez moi.

Je ne l’ai pas regretté.

Déjà, il y avait de la place.

De la place pour parquer gratuitement aussi, ce qui est appréciable, quand on a des invités.

J’ai spécialement apprécié l’accueil chaleureux que nous avons reçu par le jeune homme en charge ce jour là.

Un jeune suisse-allemand, qui à fait beaucoup d’efforts pour s’exprimer en français, demander une traduction à la serveuse quand il butait sur un mot,

et c’est très bien occupé de nous.

Comme d’habitude, les frites sont à tomber par terre.

Les prix raisonnables et les portions .. tellement grandes que j’ai du demander  une boite  pour ramener chez moi  la moitié en trop.

Ca m’a fait un bon souper !

Même réchaufées , les frites étaient encore délicieuses.

Patates de la région et assaisonnement spécial.

Tout étais bien frais.

Au Lago Lodge, ils brassent leur propre bière.

Katia à fait des photos  des cuves pour son fils qui est amateur, et sur la table, des petits moineaux téméraires venaient chercher des morceaux de frites, jusque dans les mains de Paul qui  adore les oiseaux.

Ensuite, on a pris le café sur ma terrasse et papoté comme si on se connaissaient depuis des années.

J’aime beaucoup Katia et Paul.

Ils me font penser à Jasmine et Jacques.

Comme eux, ce sont des voyageurs qui aiment partager leurs découvertes.

Et puis, comme eux, c’est un couple qui s’aime et se respecte.

Avec cette sorte d’amour contagieux, dont vous êtes baigné en leur présence.

Et c’est très agréable.

Au point que j’ai oublié mon appareil photo :).

Mais ces souvenirs sont gravé dans mon coeur.

C’est réconfortant d’y penser.

Avec le temps, je suis devenu très sélective.

 

J’ai trop vu les dégâts que ça pouvait faire, de passer du temps avec des gens qui ne vous apprécient pas.

Ou qui font semblant.

J’aime parler ici de ce qui est bien, dans ma vie à Bienne.

Habiter une ville que je suis fière de montrer.

Etre bien reçue quand je vais quelque part, indépendamment de ma façon de m’habiller.

Traverser la gare, voir un homme pressé perdre son porte-monnaie dans la foule, et  se le voir restituer en quelques secondes .

Il avait à peine touché le sol, ce porte-feuille bien rempli, que déjà des voix s^élevaient :

« Monsieur, Monsieur !!*  pour le freiner dans sa course.

Tandis que quelqu’un ramassait l’objet pour le donner rapidement.

Afin qu’il ne loupe pas son train, ni se retrouve dans l’embarra.

 

 

Le grand chambardement

Parfois, ou peut-être même toujours, il suffit de changer quelque chose dans sa vie, pour que ça fasse comme avec des dominos debouts et alignés :

si on touche à peine le premier, tout les autres tombent.

Mais dans la vie, en réalité pratique, c’est un peu plus compliqué.

Même si les dominos sont tombés, il reste du travail à faire.

Le travail ne m’a jamais fait peur.

Au contraire, tant que c’est dans un de mes domaines, j’adore ça.

La qualité de vie matérielle détermine notre qualité de vie morale

Ce n’est pas une question d’argent, un peu quand même, mais plutôt une question d’organisation.

Pour ces raisons, je dois prendre quelques jours pour totalement réagencer mon appartement.

Ca sera le bordel intégral.

Je vais devoir trier, beaucoup trier.

Nettoyer,  beaucoup nettoyer.

Repeindre, beaucoup repeindre-

Remplacer ce qui ne fonctionne pas.

Installer ce qui va nous aider, mon fils et moi à améliorer nos santé.

Quand on a pas beaucoup d’argent, on est obligé d’avoir le sens des priorités.

Vacances et voiture sont des luxes dont on se passe très bien.

Par contre, il faut qu’on mange.

Déjà pour vivre, mais surtout parce que la gastronomie tient une grande place dans nos existences.

Il y a peu, mon fils a pris conscience de l’importance vitale de changer  son alimentation et de faire davantage d’exercices.

Et ça, mesdames et monsieur, c’est une p—- de bonne nouvelle.

Après avoir tout tenté pour que ça arrive pendant des années, j’ai fini par me ranger à l’avis de son médecin qui pensait que ça arriverait un jour quand il serait prêt.

Ce jour est arrivé, alors que je n’y croyais plus.

En même temps, je rêvais que l’on investisse dans une machine pour faire des exercices à la maison.

Avec la concurrence sur internet, on en trouve pour un prix dérisoire, comparé à avant.

Il nous fallait aussi un frigo digne de ce nom.

Le nôtre, acheté d’occasion , à tenu une dizaine d’années.

On en a trouvé un autre , pour un prix raisonnable.

Voilà.

Deux investissements, c’est tout ce qu’on peut se permettre, mais en terme de santé  c’était primordial.

Le frigo est arrivé ce matin.

Il est noir.

Ca change.

Avec sur le devant, une surface pour écrire à la craie.

Noter notre liste de commissions et faire des petits dessins.

Se laisser des messages.

Il pèse 48 kilos.

Je le sais parce que j’ai voulu le porter.

Naïvement…

Quand j’ai essayé, j’ai vite compris.

Alors j’ai sonné à toutes les portes de la maison.

Jusqu’à ce que mon gentil voisin du premier étage sorte de son sommeil et vienne, à torse et pieds nus, nous aider à le monter.

On l’a laissé reposer 12 heures, comme indiqué dans le mode d’emploi.

( le frigo pas le voisin)

Maintenant, je l’ai branché, j’attends qu’il soit assez froids pour transvaser mes congelés.

La encore, il faut attendre, mais, j’ai contrôlé en mettant le bac à glaçons, et ils sont déjà prêts.

J’ai contrôlé, parce que, contrairement à l’autre … celui-ci est totalement silencieux.

Ca fait bizarre d’avoir un frigo qui fonctionne.

Avec une lumière.

L’autre ne fonctionnait plus depuis des années.

On faisait avec, mais franchement, une petite lumière dans le frigo, ça change la vie !

C’est motivant.

On n’aura plus l’impression de devoir fouiller pour trouver quelque chose…

Fini aussi les plaques de glaces de plusieurs centimètres qui se formaient en continu.

Fini les inondations dans la cuisine.

Fini les oeufs congelés pour cause de thermostat capricieux.

Et vive le nouveau frigo !

Je suis épuisée d’avance quand je pense à tout ce qui m’attends.

Mais chaque fois que je passe devant mon beau frigo, je reprends de l’énergie en pensant à ma nouvelle vie avec lui.

 

 

 

 

 

Les jours « avec »

Il y a des jours comme ça où tout semble vous réussir.

C’était le cas, hier.

Des commentaires très élogieux de mes deux coachs en humour préférées Fabienne et Gabriela, pour leur shooting.

Elles me qualifient de « magicienne ». Ce qui me fait extrêmement plalsir.

Et me recommandent chaudement.

J’ai aussi reçu une belle proposition de la part de Gisèle, la bonne fée des enfants.

Pour ses journées découvertes, elle me propose de partager une ou l’autre de mes passions avec les enfants.

Ce qui me touche particulièrement, parce qu’en plus d’apprécier le formidable travail de Gisèle, je me suis attachée très vite aux enfants de son groupe.

J’avais eu la même idée, sans encore lui en parler, et voilà qu’elle me le propose.

J’aime quand ça marche comme ça.

Je constate d’ailleurs que mes plus belles expériences sont venues de la même façon.

si je cours après , ça donne rarement , voir jamais de bons résultats.

Je déteste mettre la pression aux gens.

Quand l’idée vient d’eux, c’est tellement plus gratifiant.

Parfois, on me propose aussi des choses qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent pas se réaliser.

Ca arrive.

Il faut tenir compte des difficultés et du rythme des autres.

Parce que ça m’arrive aussi.

J’avais très envie de faire une expo de peinture.

Mais j’ai eu mon accident, et mes deux bras inutilisables.

Ca va mieux.

Je me sens presque totalement guérie.

J’ai encore de petites douleurs articulaires, mais Fabienne m’a gentiment offert un roll-on aux huiles essentielles, qui me fait déjà beaucoup de bien.

Hier encore, sans que je ne demande rien, ni même que j’aborde le sujet, mon fournisseur de bois m’a averti que c’était déjà la folie, et qu’il risquait la pénurie.

Il y a deux ans, on avait trouvé un super arrangement pratique pour moi.

Je n’aurais pas osé lui redemander le même service.

Et c’est lui qui me l’a proposé.

Tout ça dans la même journée.

C’est valorisant.

On se sent appréciée, respectée.

Je me sens.

Je voulais faire un article pour dire le changement que je constate dans la mentalité des gens en général.

Bien sûr, il reste du travail..

De la violence et des injustices.

Mais si on ne prends pas le temps pour admirer les efforts fournis, alors, ils ne laissent pas de traces.

Par contre, si on pointe le doigt dessus, si on en parle, il y a encore la chance pour que ce soit contagieux.

Pour qu’on se dise, moi aussi je peux le faire.

Je crois que l’être humain est bon, dans le fonds.

Certes, les cons sont nombreux, ou plutôt nous sommes tous à un moment ou un autre le con de quelqu’un d’autre.

Ca ne nous empêche pas d’avoir cette base de bonté.

Et quand on l’exprime, de reconnaître le bien qu’elle fait.

En parlant de ça, j’ai reçu ma première petite plante de mon amie qui part en vacances.

Mais je peux la garder, il semble qu’elle soit mieux adaptée à pisser chez moi, avec davantage de lumière.

La plante, pas mon amie.

Jâi hâte de la voir se développer.

Toujours la plante.

 

Ce mois-ci, j’ai une mariage.

Ma soeur a gentiment accepté de me prêter son appareil de photo, que je maîtrise bien, ce qui est très important, quand il ne faut rien manquer.

Je maitrise le nouveau aussi, mais c’est un hybride, , et beaucoup plus compliqué.

Il est parfait pour les photos posées, les paysages.

Mais il est très sensible.

Il suffit que je dérape avec mon doigt, ou mon nez, et hop, les paramètres changent,.

Dans un mariage, il y a tellement d’instants précieux à capter.

Je me réjouie beaucoup..Pourquoi je raconte tout ça ? parce que je me rends compte de plus en plus comme il est important de prendre son temps.

D’être concentré sur ce qu’on fait.

D’observer la nature autour de soi.

La nature humaine aussi.

Essayer d’être juste, autant que possible.

Et que même après un drame, la vie peut s’améliorer.

Les choses changent.

Il faut des prises de conscience.

On persécute encore trop de monde pour cause de différence.

Même en croyant bien faire,.

Parce que certaines lois arriérées ont besoin d’être révisées.

On le sait, mais tant qu’elles ne le sont pas, alors on peut encore les appliquer et faire de gros dégâts.

Je pense particulièrement à la révolution actuelle issue des recherches médicales.

C’est un sujet important, qui mérite d’être traité à part.

Je vous en parlerai une prochaine fois, après une enquête digne de ce nom.

C’est-à-dire, en vérifiant et comparant chaque information, avec les références,

des noms, des dates etc…

C’est un sujet trop important pour être bâclé.

Un sujet plein d’espoir pour l’avenir.

Et j’espère qu’à Bienne, ville d’avenir, c’était son nom. on sautera sur l’occasion ,

pour mériter à nouveau son nom.

 

La barrière invisible

Elle est belle, son sourire éclatant, est digne d’une publicité pour dentifrice.

Elle à fait des études, brillantes.

De son cerveau emergent des idées neuves pour le présent et le futur de sa communauté.

elle est jeune, mais déjà tellement prometteuse.

Ses parents sont fiers d’elle, son copain est fier d’elle.

Quand elle aura terminé ses études, elle fera ce qu’elle voudra, peut-etre même un peu de politique.

Dans sa ville multi-culturelle, elle brillera.

Fera un ou deux enfants.

Partira en vacances dans un lieu exotique.

Aura une belle maison avec un jardin.

Une belle vie.

Et c’est tant mieux.

Elle le mérite.

 

Dans la même ville, vit une autre femme.

 

Elle n’a jamais été belle.

Un terrible accident l’a privé de sa mère et endommagé son cerveau.

Elle à essayé de faire des études.

Elle avait même quelques amies.

Mais quand on est abîmée depuis le début, la marge fini souvent par nous rattraper.

Par l’engloutir, peu à peu, jusqu’à ce qu’elle s’y réfugie toute entière.

Derrière cette barrière invisible qui sépare les gens d’une même ville.

Elle se traîne, depuis des semaines.

Avec son sac à deux, rempli de ses mauvaises habitudes.

De celles qui ont la vie dure.

Elle est si maigre, que ses jambes dessinent en relief la carte de ses veines.

Pourrie de l’intérieur.

Chaque jour qui passe est un enfer de plus à traverser.

Elle ne sait pas ou aller.

C’est de sa faute.

Elle n’a pas su mentir pour entrer dans la case qui aurait pu la sauver.

Elle ne sait pas mentir et les efforts des travailleurs sociaux qui l’aident sont saccagés par ses mensonges qu’elle ne sait pas dire.

Elle dort ou elle peut,

Dans une cave, souvent.

Toute seule.

Elle ressemble à une vieille petite fille.

Rien ne semble pouvoir la sauver d’elle-même.

Ces deux femmes habitent la même ville.

Elle passent la journée sous le même soleil.

Comme deux fleurs.

Une va s’épanouir, tandis que l’autre est en train de crever.

Ce n’est la faute de personne.

Je constate, c’est tout.

J’aimerais qu’il existe un lieu ou la deuxième puisse vivre , en sécurité.

Dormir une vraie nuit, sans qu’on lui prenne ses pauvres affaires.

Il y a bien des foyers qui recueillent les gens comme elle

Sauf qu’elle à dit la vérité.

Une vérité qui fait peur.

Elle n’aura pas sa place.

Comme si elle était déjà perdue.

Et qu’on attendait que la vie lui règle son compte. définitivement.

Sa maladie, c’est tout ce qu’elle a.

Elle ne peut pas dire qu’elle va se soigner.

Ca fait tellement partie d’elle que c’est devenu elle.

Alors peut-être qu’elle pense que, sans elle, elle n’existera plus.

Elle s’accroche à la vie d’une manière que personne ne comprends.

 

Belle, belle, belle

Belle   Bienne, hier à la piscine de Nidau

Pas un chat.

A peine quelques petites familles étalées sur toute la longueur des pelouses.

La terre est sèche, mais l’herbe est verte.

Du supergazon ultra résistant qui tapisse l’endroit.

Tout est propre, nickel.

Suisse.

Autour des piscines, il y a plus de garde -bain que de baigneurs, à cette heure.

18h.

L’heure idéale.

Demi prix à partir de 17h.

Pour 5 francs, on entre , Sid et moi.

Sid, c’est ma petite-fille adorée.

c’est elle qui a eut la bonne idée..

On se change, on s’installe et on va direct à la grande.

La grande piscine, quasi olympique.

Le soleil baigne toute la rive, et le lac scintille.

C’est juste magnifique.

Dans cette immense piscine d’eau claire, 3 personnes à tout casser.

On essaie, mais l’eau est froide.

On tente la moyenne.

Celle des enfants,  et des familles.

Avec son toboggan.

L’eau est plus chaude.

Et puis, il y a les jets.

Sur toute la longueur des escaliers qui borde le bassin., il y a en 4.

Grosse pression sous l’eau.

De quoi se masser les pieds, les chevilles.

Ca fait un bien fou,

Cette année, à cause de nos accidents, mes fractures et son bras dans le plâtre, c’est la première fois qu’pn y va.

On entre dans l’eau et on profite.

En allemand on dit « geniessen » prendre du plaisir.

.Le mot me semble plus adapté à la sensation.

On geniesst  .

Le soleil va bientôt se coucher derrière la montagne, alors on profite, tant qu’on peut de cet instant de grâce,

ou nous avons la piscine pour nous toutes seules.

Ca m’a fait un bien fou.

Et puis aujourd’hui ,je devais recharger ma carte d’électricité pre-pay.

ESB  (Electricité Service Bienne) se trouve juste à côté de l’Oméga, et sa chenille japonaise géante.

Près du parc qui longe la rivière aussi.

Comme j’ai cassé ma carte et que la seule personne capable de m’en faire une nouvelle ne venait pas avant 13h, j’en ai profité pour faire une ballade,

Encore une fois, c’est un endroit tellement beau et propre,

Bien entretenu, avec un petit côté sauvage, et futuriste à la fois.

Une pure merveille.

Bien sur, comme chaque fois qu’il y a quelque chose de  spécialement beau à photographier    je n’ai pas mon appareil.

Mais j’en ai profité, de tout mes yeux.

Les petits papillons mauves volètent près des berges.

Elle est splendide cette rivière décorée de troncs , de rochers et de plantes sauvages.

Les coccinelles se régalent de pucerons .

Les  gens qui travaillent dans le coin viennent y prendre leur pause.

D’autres y promènent leur chien.

Passent pas là en vélo..

Je l’ai traversé à moitié en passant par le pont et je suis revenue, par un petit sentier entre les herbes folles qui borde la route.

Et les 25 minutes étaient passées, très agréablement.

Mais pas pour tout le monde.

Les employées du service étaient bizarres.

Gênées.

Moi pas du tout, mais elles semblaient très embêtées que j’ai du attendre autant.

J’imagine que tout le monde n’a pas ma patience.

J’ai adoré cette promenade, les papillons et les herbes folles.

Je l’aime tellement notre ville.

Elle ne fait que s’embellir.

D’ailleurs, grosse surprise, si vous passez devant la gare, vous allez voir.

Quelqu’un a eut une très belle idée.

Des oliviers.

Magnifiques,

Il y a encor le prix accroché sous chaque arbre 1080 francs pour un.

J’étais pressée , je ne voulais pas louper mon bus.

Il doit y en avoir au moins 6, peut-être plus.

Je retournerai faire des photos.

Le peu que j’ai vu m’a beaucoup plu.

De l’autre côté de la Gare, le Container permet aux artistes biennois de s’exprimer.

Expo et concert gratuit..

Je rentre chez moi.

Je suis bien chez moi.

Mon jardin, mes yucca si grands que j’ai du en sortir un sur la terrasse-

Il touchait le plafond.

Je m’installe sur la terrasse avec un livre.

C’était une belle , très belle journée.

 

 

 

D’où je viens :

Je vous présente mes grands-parents.

En passant, je remercie ma cousine Fabienne, qui m’as transmis ce document d’époque.

Si je fais un petit calcul, cette photo doit avoir en gros, une septantaine d’année.

J’ai eu la chance de les connaître mes grands-parents.

Je les aimais beaucoup.

Ma grand-maman avait un sacré caractère.

Je me souviens encore d’un matin dans mon lit d’enfant, chez eux, au Prévoux.

Le Prévoux c’est le village de mon enfance, où on passait tous nos week-ends.

Quand j’y pense.

c’est à 60 kilomètres de Bienne.

Dans le haut du canton de Neuchâtel.

Et on y allait pratiquement tout les week-ends.

On y passait aussi toutes les fêtes, et une partie des vacances.

Avec ma soeur et na cousine, on faisait partie des petites ailes.

Les P.A.

C’est comme ça qu’on appelle les filles, chez les scouts.

3  jeunes filles du village avaient fondé notre troupe.

Les Écureuils.

Rattaché à la troupe de St-Paul, du Locle, si ma mémoire est bonne.

( j’avais mis St-Georges, mais heureusement ma cousine Fabienne veille ! après tout c’est elle la grande. Et je pourrai faire tout ce que je veux, je ne la rattraperai pas :).

On avait aussi un garçon, Patrice, mais tout le reste c’était les filles du coin.

Le Prévoux est collé à la France.

On peut y aller à pieds, par la forêt.

Parfois, on tombe sur les douaniers à pieds, qui patrouillent, mais en règle générale, on ne les voyaient pas trop.

Anecdote marrante.

Quand ma mère était petite, la frontière était plus haut, et passait carrément au milieu du bistrot.

Genre, on mangeait en Suisse et on prenait le café dans une autre salle, en France.

Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi la frontière avait changé de place.

Peut.être à cause de la guerre.

J’étais encore petite, quand mes grands-parents sont morts, nais j’ai eu le temps d’en profiter,

J’ai beaucoup de souvenirs.

La photo ou je pose fièrement sur le cheval de Monsieur Charly, et dans le fonds, une petite silhouette en robe noire.

Ma grand-mère terrifiée à l’idée que je puisse tomber.

Elle était comme ça, ma grand-maman du Prévoux.

Capable de prendre une guêpe dans sa main,

comme ce matin , dont je me souviens.

Pour ne pas qu’elle me pique.

Parce qu’elle c’était posée sur mon duvet.

Je me souviens aussi de la fois où mon grand-papa n’avait amené dans sa forêt.

Il essayait de m’apprendre le nom des fleurs.

C’est des images qui restent dans ma tête, comme des petits films.

Le patin à glace sur le lac des Taillères gelé, avec mon petit cousin Christian.

Les explorations dans la carrière,

la branche de sapin qui descendait jusqu’au sol quand on s’asseyait dessus

et qui remontais d’un coup de pieds.

Les igloos fabuleux qu’on construisais devant la maison.,

et les films en noir-blanc , sur la télé du salon blotti dans le canapé.

Les Sissi , et ce film génial que je n’ai vu qu’une seule fois *Si Versailles n’était conté ».

Mon Tonton Papin à l’accordéon, mon tonton avec ses lapins,  la couleur de la sauce aux Morilles  de ma tante Francine.

Les steaks de boeuf, ( je refusais de manger du cheval )que je trouvais délicieux, et qui était du cheval quand même.

Je trouvais curieux qu’on vienne me demander plusieurs fois si c’était bon.

J’ai compris plus tard.

Finalement j’aurais été bête de m’en priver.

C’est délicieux, le cheval.

 

C’était, il y a plus de 40 ans.

Mais ces souvenirs, auxquels se rattachent tant d’autres,

(le camion magasin de la Migros, les cortèges de voitures de mariés

qui nous lançaient de la monnaie),  sont gravés dans le bois des sapins du Prévoux.

Sapin tatoué sur ma peau.

On ne s’ennuyait jamais.

On dessinait, avec des crayons ou des feutres.

Le cheval à 5 pattes collé sur la porte avec du scotch, que je m’étais donné tant de peine à faire, sans remarquer la patte en trop.

On faisait des bêtises, et on nous menaçait de nous mettre à la cave.

 

Ce qui n’arrivait jamais.

Et puis, elle était tellement chouette cette cave, avec sa bonne odeur de terre battue et de patate.

Le tourne-disque à pavillon  et ses vieux disques qu’on jouait exprès à la mauvaise vitesse.

Parce que c’était plus drôle d’entendre Marcel Amont chanter « Bleu, bleu, bleu , le ciel de Provence » , en accéléré.

Quand je repense à mes souvenirs , je n’en vois que des bons .

Parce que tout ce qui se passait là-bas, au Prévoux se transformait en aventures.

Comme dans le club des 5.

Maintenant que j’ai ouvert le tiroir, les souvenirs s’en échappent par dizaines,

et je me rends compte de leurs richesses.

Que c’est un temps qui n’existe plus.

Le Prévoux est toujours là, mais les enfants ont grandi.

Mpn petit cousin, qui était perdu  à la gare de Bienne, habite maintenant en Taïlande.

Et ma cousine prépare les pneus d’hiver, dans le garage qu’elle dirige avec son mari.

Ma soeur est dans les montres, comme notre père.

Et moi, je fais de la photo.

Je suis fière de mes origines.

J’aimais tellement mon enfance, j’aurais aimé que ça ne s’arrête jamais.

Mais la vie continue.

J’étais terriblement triste quand mes grands-parents sont tombés malade.

Je disais que je n’avais que des bons souvenirs, leur départ m’a percuté comme un accident.

Ce n’est pas un souvenir, c’est une cassure de la vie.

Quelque chose que j’ai vécu un peu de loin.

Une déchirure , un vide, une incompréhension fatale,

que j’étais obligée d’admettre.

Tout ce que je voyais c’est qu’ils n’étaient plus là.

Mais le Prévoux à ceci de fantastique  que sa magie ne s’est pas éteinte avec eux.

Grâce à ma tante qui continuais de nous faire ces immenses repas et mon oncle qui inquiétais toujours que la pièce o on étais soit à la bonne température,

Tandis que ma mère nous faisait d’improbables maillots de bains au crochet.

Que j’aimais beaucoup, mais qui n’ont pas supporté l’eau de mer de nos vacances d’été sur la Côte d’Azur.

Avec ma tante, elles nous confectionnaient toutes sortes de tenues.

Nos robes de princesse bleu lavande …

 

J’ai grandi aussi, j’avais soif de voir le monde,

Mais aucun endroit ne peut et ne pourra jamais remplacer celui.là,

Je suis née à Bienne, mais mes racines sont lé-bas.

Au Prévoux.

Ce tout petit village qui compte à peine quelques maisons.

Dont celle de mon enfance, qui est comme un personnage à part entière.

Ce matin, je prépare la visite de mon amie Jasmine.

Je vais lui faire une tisane maison .

Tandis que je récolte mes petites plantes sur ma terrasse.

la boîte continue de déverser ses souvenirs.

Les bricelets de ma tante Francine, ses cornets à la crème.

Ils étaient toujours impeccables ses bricelets, de vraies oeuvres d’art qui m’épataient à chaque fois.

Et le thé à la cannelle en bâton, beaucoup de cannelle, que j’adorais aussi.

c’était un moment important, on prenait soin des visiteurs quand il y en avait.

La cousine dont j’ai oublié le nom avec son fils

On aimait bien se moquer, gentiment, hein.

Jamais rien de méchant là-haut.

Soudain, un autre souvenir, mon père, avec sa caméra super-8 qui filmait la promenade en char, avec François le serveur du restaurant à côté

Qui nous filmait avec toujours le même scénario.

Il fallait qu’on marche, pour venir vers lui.

Le super 8, donne un effet un peu saccadé, et la démarche si droite de ma cousine me faisait rire à tout les coups.

Je les ai encore ces précieux films.

Ma mère avec ses imprimés colorés des années 70.

Ma soeur avec ses cheveux blonds et ses petites oreilles qui ressortaient.

C’est mon héritage.

Toutes ces histoires, tout ces comportements, m’ont fait.

Aujourd’hui, c’est mon tour, avec ma petite-fille.

Je suis pour l’instant la seule à être grand-maman.

C’est le plus beau mot du monde pour moi.

La fonction la plus importante.

Aujourd’hui, on a toujours des crayons et des feutres,

j’ai aussi une tablette graphique.

Mes murs sont recouvert de dessins.

Ma petite-fille dessine depuis qu’elle sait tenir un crayon.

Pratiquement tout les jours.

Quand je vois ce qu’elle fait sur ma tablette avec les moyens informatique, je suis scotchée.

Fière i .En photo elle est douée .

Elle aime les vêtements aussi, et pique dans les miens pour se faire des looks .

On adore faire la cuisine ensemble..

 

Ecouter et chanter des vieux tubes, comme je le faisais avec ma cousine.

Se promener ensemble.

L’héritage continue sa transmission.

Je suis reconnaissante de toute cette richesse.

 

Je regarde une dernière fois la photo, avec cette  magnifique bête, que mon grand-père élevait.

Je n’ai pas connu cette époque, mais je suis heureuse d’en avoir une trace en photo de mes grands parents.

Ca m’a donné des idées.

Mais ça, ça sera pour une fois.

Je vous souhaite une belle journée.