Un mois : Mon deuxième Marché des Artisans à la vieille ville

Il faut que je vous avoue quelque chose.
Le premier marché était chouette.
Mais je n’étais pas prête.
Pas du tout,
J’avais pris la décision difficile d’arrêter le marché hebdomadaire,
parce que je ne m’y sentais plus à ma place.
J’avais la sensation de devoir me battre, beaucoup, pour arracher à la rue,
quelques passants pressés, qui le plus souvent passaient sans même me voir.
Heureusement je pouvais compter sur mes si précieuses amies pour me motiver,
sur Pierre aussi, qui m’encourage depuis le début.
Mais voilà, il faut savoir pourquoi on se bat.
Comment on se bat.
Contre qui et contre quoi.
Pour quoi et pour qui, surtout.
Je me bat pour moi,
je me bat pour vous.

Je veux le meilleur,
pour Nous.
Le marché aux artisans n’a pas la réputation d’être le bon endroit pour gagner sa vie.
Pourtant, chaque fois ça se passe bien pour moi.
C’est l’endroit ou je me sens le mieux.
Déjà, le cadre est magnifique.
La vieille ville de Bienne en général,
la place du Ring en particulier,
ronde, intime,
est comme un décor de cinéma.
On s’y sent sublimé.
Ou que l’on soit.
Et bien sûr, nous sommes en Suisse, elle est d’une propreté absolue.
On peut s’asseoir sur les pierres centenaires.
Mes pensées m’emmènent loin.
Je pense déjà au prochain.
Je reviens à celui-là.
Je m’étais préparée, cette fois.
Comme jamais.
Comme pour un match de boxe.
J’ai bossé nuit et jours, pour avoir plus de modèles.
Pour avoir de beaux modèles.
J’ai fait de la pub.
Beaucoup de pub.
Vous connaissez l’expression « le travaille paye » ?
Je l’ai ressenti, avant même le jour J.
Grâce à vous.
A vos messages, à vos promesses de venir me voir.
Même ceux qui n’ont pas pu.
Je sentais que tout était sincère.
D’Acapulco à Genolier en passant par Corcelles, Tavannes, le Landeron,
et Bienne bien sûr.
Comme un rayon d’énergie qui m’a traversé, qui m’a porté.
C’est ce qui m’a donné la force de me lever, même si je n’avais dormi que 3heures,
de mettre mes caisses dans ma grosse poussette des années 50,
de traverser toute la ville avec,
d’attaquer la montée dans la ruelle de l’Eglise,
et d’y installer mon stand.
C’était ma place, cette fois-ci.
Elle ne m’emballait pas trop, parce qu’elle n’est jamais au soleil.
En pente en plus.
Par contre elle est proche de la place du Ring.
J’avais décidé de m’y faire.
En serrant les dents.
Genre « j’en ai vu d’autres ».
Et là….
gros coup de bol!
Quasi miraculeux.
Quelqu’un d’hyperbienplacé s’est désisté.
Une place magnifique.
THE Place.
Au soleil, en face de la fontaine, bien visible.
Surement la meilleure place du Marché.
Vous vous rendez compte, un peu ?

Le travaille paye…
Comme si, d’avoir bossé tellement pour me préparer,
déclenchait des choses inespérées.

Et vous voyez encore, comme on peut se tromper :
j’avais un peu peur que mes amis ne me trouvent pas.

Mais si.
Comme si c’était naturel, que ce soit ma place.

Cette magnifique place au soleil.

Cette merveilleuse journée c’est déroulée
comme un fil,
comme un film.
Avec mes amis pour acteurs.
Je revis les scènes,

J’ai envie de citer tout mes amis.
Mais aussi de garder, comme un trésor, leurs prénoms, ces instants partagés et les émotions qui vont avec.
Je les garde, pour les savourer encore.
Pour m’en nourrir et me renforcer pour la prochaine fois.
Mes amis sont une partie de moi, que je chéri.
Comme des membres de famille qui sont passés aussi.
Nous sommes plutôt pudiques, dans la famille concernant les sentiments,
on ne les cache pas, on ne les dits pas,
on les montre :
autrement.
Et ça me va bien.
Si j’écrivais à ma cousine, pour lui dire quelle joie j’ai eu de la voir, et comme je l’ aime,
elle se poserait des questions sur mon équilibre mental.
Alors, même si c’est ce que je pense, je sais qu’elle le sait.
Mais peut-être que ça ferait plaisir à ma soeur ?
Elle se débrouille si bien dans sa vie que j’oublie parfois que c’est ma petite soeur,
et que ça lui fait plaisir que je lui rappelle comme je suis fière d’elle.
J’ai envie d’écrire à tout mes amis, quand même, parce que je ne sais pas si ils savent comme ça me touche
qu’ils soient passé me voir.
Alors je le fait ici .
Pour leur dire :
Comme je les aime aussi et comme ils sont importants dans ma vie, chacun à leur manière.
Pierre me disait l’autre jour qu’on lui demandait ou j’étais, mais que les gens n’avaient pas envie de se déplacer jusqu’à la vieille ville.
Je ne sais pas qui sont ces gens, mais j’ai vu aujourd’hui que ceux qui le pouvaient sont venu.
Ils ne passent par par hasard.
Ils sont venus exprès.
Et ça fait toute la différence.
Je revois tout ces sourires.
Oui, oui, j’ai vu des sourires!
Des vrais !
Là, il faut que je vous dise quelque chose d’important :
une parenthèse Covid.
Comment oublier que nous vivons sous le règne du Virus ?
Bref :
déjà, à aucun moment il n’y a eu de foule, sur la place du Ring.
Mes visites aussi se sont succédées dans un timing parfait.
Comme si les gens s’étaient organisés avant !!
Ce qui est impossible, parce que la plupart de mes amis ne se connaissent pas.
Donc pas de foule, et la semaine prochaine les terrasses s’installent à nouveau sur la place.
Donc il y a de l’espace, on peut s’asseoir,
tomber le masque, manger quelque chose ou juste boire un verre.
En toute sécurité.
J’aimerais dire autre chose :
Les rencontres et les relations humaines dans la joie et la sincérité , sont des cadeaux de la vie.
On les fait avec d’autant plus de plaisir quand on se sent libre.
Libre de son temps, de ses envies, des circonstances.
Il y a même des rencontres qui resteront virtuelles.
Ca n’empêche pas les sentiments-
Et autre chose très importante : l’amitié se construit avec le temps, mais la connexion entre les êtres est là de toutes façons.
Je ne vais pas en vouloir a quelqu’un ou moins l’aimer si il ne m’écrit pas ou ne viens pas me voir.
Au contraire!
En amitié, ce qui me plait le plus c’est la grande liberté, l’absence de possessivité.
Même si je dit « ma ».
L’amitié se partage, grandit avec le temps et n’exige aucune preuve.
Elle est amour , compréhension.
Elle explique parfois, mais ne se justifie jamais.
Elle apprécie ce qu’elle reçoit et n’exige rien.
Même si personne n’avait pu venir , la journée aurait été différente, simplement différente.
Ce que je reçois au quotidien est déjà tellement gratifiant.
La qualité l’emportera toujours sur la quantité pour moi.
Je vais arrêter là, parce que je m’endors.

Les émotions prennent du temps,
et mon coeur en est rempli
au point d’exploser.
Donc si vous entendez un grand bruit,
vous saurez ce que c’est moi.

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