Mon ami Pierrot

…est parti.

Je sais qu’il faudra un moment pour que j’arrête de le chercher du regard, comme chaque fois que je passais derrière la gare.

Il me voyait arriver, même à 50 mètres, on se faisait signe.

Toujours.

Et ça me faisait du bien.

Je connais Pierrot depuis si longtemps que j’ai oublié quand je l’ai rencontré.

Comme si il avait toujours été là.

Comme un membre de la famille.

Il lui arrivait de me prendre dans ses bras, de me faire tourner.

Et il riait, avec son rire inimitable .

 

Ce soir,  j’ai l’impression d’être dans un mauvais rêve.

La vie ne devrait pas avoir le droit de nous enlever quelqu’un comme Pierrot, et de continuer comme si de rien n’était.

La vie se fiche de ce que l’on pense.

Elle nous enlève des gens  qu’on aime, et nous laisse planté là, comme des imbéciles.

J’aimais Pierrot, aussi, parce que je savais qu’avec lui dans les parages, ma fille était en sécurité.

C’était quelque chose de tacite.

Comme un accord secret.

Il l’avait connu toute petite, et il habitait en face, avec Koboï au milieu  et Jacques son ami de toujours., jamais trop loin.

Réuni par la musique, et les bons moments entre amis.

Ca leur appartient.

Moi , j’étais heureuse que mes  vieux copains  soient devenus les siens et qu’ils veillent si bien sur elle.

 

Ce soir leur peine est immense.

Bienne pleure.

Avec pudeur.

Une partie va noyer son chagrin dans la bière, et même ceux qui ne s’entendent pas vont oublier leurs histoires, pour rendre hommage à Pierrot.

Quand à moi, j’écris ce texte en son honneur, parce que c’est ma façon de faire mon deuil.

Mais Pierrot ne m’appartenais pas.

Il n’appartenait à personne.

Je serais très gênée qu’on m’adresse des condoléances, j’aurais l’impression de m’approprier ce qui n’est pas à moi.

Ce qui m’appartient par contre, ce sont les géniales photos que j’ai fait de lui et Jacques.

Ils étaient passé chez moi, et ils voulaient que je les prenne en photo !

Moi j’étais si contente de le faire.

Je n’ai que des bons souvenirs avec Pierrot.

Ca m’aide un peu à surmonter ma peine.

Ce n’est pas moi qui ai perdu Pierrot, c’est le monde.

Une perte irremplaçable.

Tant il était unique.

Ca me fait bizarre de parler de lui au passé.

Dans mes souvenirs, il est vivant.

Bienveillant, avec son regard malicieux.

Ce n’est pas possible, il ne peut pas être parti.

Demain, je passerai par la gare et je l’engueulerai un ptit coup,

pour de faux.

Et il rigolera,

pour de vrai.

 

cérémonie d’Adieu
jeudi 14 avril au Hundematteli, à 18h, le départ de Pierrot pour le Valhalla.. 🖤🤘🏽🖤

 

 

 

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