Les deux plumes

Mes plumiers sont prêts, avec les deux sortes d’encre que j’utilise habituellement.

La sucrée et la salée.

Le sirop d’érable ou le vitriol.

Bien sûr ce n’est qu’une image.

 

Sur mon ordinateur, toutes les touches sont pareilles,

Noires avec la lettre en blanc.

Et je dois choisir ce que je vais écrire.

Je me lâche…

Ca part tout seul, façon fusée.

Oh comme c’est facile d’être méchante!

Tellement plus facile que d’essayer de relativiser, de trouver un bon sens à tout ça.

Je vomis mon texte ,

je le gerbe plutôt,

par saccades bileuses.

Je distribue les mauvais points.

Ca soulage.

Dans ce texte là, que vous ne verrez pas aujourd’hui, il y a quand même une sorte de réflexion en toile de fond.

Mais il est si méchant, si venimeux , ce texte, que j’ai peur de m’empoisonner avec mes propres mots.

Et d’en empoisonner d’autres au passage.

 

Vous connaissez R.Kelly ? c’est un rapeur américain.

Un type ignoble.

Pervers, pédophile, gravement perturbé par les abus qu’il a subi étant enfant.

Je ne parle pas de rumeur, il s’est filmé, et  le monde entier peut le voir salir des fillettes  de 12 ans. Détruisant au passage, des vies, des familles entières touchées par la honte, la peur des représailles et la douleur indélébile causées par ses actes conscients.

Eh bien, R.Kelly , entre deux morceaux violents , a aussi composé et chanté cette pure merveille que tout le monde connaît :

I believe i can fly… i believe i can touch the sky…

etc…

Un morceau inspiré par sa passion du basket

Alors moi, je suis une sorte de R.Kelly inversé .

Je ne ferais jamais autant de mal, même si je pourrais tuer de mes mains quiconque s’en prendrais à un enfant.

Et quand j’écris, sur ce blog, qui s’apelle « Bien à Bienne » , alors, je ne veux faire de mal à personne non plus.

Ni à moi, ni aux autres.

Quand je me défoule, par écrit, ça peut aller loin.

Pourtant…

Même si les trois quarts de mes affaires ont disparu dans une benne.

Je garderai ma haine .

Même si ce qui reste est dans un sale état.

Que mes sculptures sont brisées, mes négatifs souillés ;

je pourrai écrire des choses terrible, je l’ai fait d’ailleurs, mais je garderai ça pour moi.

Pour la raison suivante

aucun objet matériel ne vaut la peine qu’on égratigne des vies humaines.

En parlant de vies humaines, ce matin, quand je me suis rendu au

Service des Immeubles de la Ville, je sentais avec moi une force considérable.

Comme si tout les gens qui m’ont soutenu étaient physiquement présents, derrière moi

Alors, je suis restée polie.

Ferme, déterminée, mais polie.

J’ai gardé mon joker Biel-Bienne dans ma poche.

La secrétaire m’a très bien reçu et il se trouve que l’entrepreneur responsable du nettoyage des immeubles étaient présent , lui aussi.

Il a proposé de m’amener à la Mura, pour que je puisse faire le tri de sa benne moi-même.

Puisque mes affaires avaient été balancées dans la benne en même temps que les détritus retrouvés dans les parties communes.

Enfin , cette benne-là, parce que je n’ai pas eu accès aux précédentes.

Avec beaucoup de gentillesse, d’ailleurs.

Je comprenais bien qu’il n’allait pas revenir sur sa position.

Fermement persuadé qu’il avait raison.

Qu’il est obligatoire de fermer son grenier à clé et que j’aurais du monter la garde devant, façon Fort Knox… au cas ou les indiens attaqueraient.

Hors, il se trouve qu’il à tort.

Ce n’est pas obligatoire, du tout.

 

Par contre, en cas de vol, on aura des soucis avec les assurances.

Personne ne m’a prévenu que le grenier serait vidé, il n’avait pas de clé non plus…

 

Si je n’avais pas regardé par la fenêtre, alors, j’aurais découvert un jour que toutes mes affaires avaient disparu.

Des affaires qui n’ont de valeurs réelle, pour moi seule.

Photo, livres, vêtements.

Il en manque plus des trois quart.

Porter plainte ?

Contre la ville ?

Contre l’entrepreneur qui a suvi les ordres ?

Qui est persuadé  d’être dans son bon droit, puisque son employeur ne l’a jamais averti qu’il n’ a pas le droit d’entrer dans un grenier privé sans la permission express du locataire.

Ce n’était pas difficile de me demander.

Je suis là pratiquement tout le temps.

Mais ses consignes étaient « videz tout ce qui est ouvert ».

Je précise que dans mon grenier, il n’ avait pas de déchets qui auraient pu gêner qui que ce soit.

Seulement des vêtements,  des livres,des affaires personnelles , poussette, bateau pneumatique etc…

Des choses auquel je tenais et d’autres qui m’importaient moins.

De mes affaires, il ne reste presque rien.

Mon grenier est plutôt grand.

J’avais mes affaires et celle de mes enfants.

Le 80 % a disparu.

 

J’ai déjà vécu ça, en pire.

J’ai déjà tout perdu.

Dans l’incendie de mon ancien appartement.

Là, il ne me restait plus que mes yeux pour pleurer.

Et un verre à dent.

Avec mes 5 poissons miraculés.

Un peu de vie qui m’avait redonné espoir.

Finalement. c’est un peu pareil.

me voilà allégée.

Perdre ses affaires, toutes ses affaires de toute une vie.

C’est extrêmement dur, un réel traumatisme

dont il faut se relever.

Quand on y parvient, on se sent beaucoup mieux qu’avant que ça n’arrive.

Libéré du poids de la peur de tout perdre,

puisque c’est déjà arrivé.

Contente d’être en vie.

Il m’a fallu du temps pour pouvoir dormir une vraie nuit.

Pour me reconstituer une garde-robe.

Pour faire le deuil de mes  collections.

Vinyl, peinture, meubles hérités  de mes grands parents…

sans oublier le petit hamster, qu’on a jamais retrouvé.

Cette fois-ci, ce sera plus facile, pour moi en tout cas.

Je n’avais déjà plus rien  de mes souvenirs anciens.

Je ne veux pas porter plainte, pour deux raisons.

Parce que je sens que je ne dois pas le faire est la principale.

Parce que s’attaquer à la ville, c’est comme viser l’ascension de l’Everest par la face nord.

Il faudrait un excellent sherpa et je n’ai pas les moyens d’en payer un,

et ça reste périlleux , voir dangereux.

Et même, si c’est vrai que je me débrouille très bien pour remonter les précipices,

 

je devrais être capable d’escalader les montagnes, donc.

Mais pas celle-là.

Pas maintenant, pas comme ça.

Pas pour ça.

Je réserve mes forces pour d’autres combats.

J’aime cette maison, et je m’y sens bien, malgré tout.

J’ai envie d’y rester, pas de faire la guerre au service des immeubles,en général, ni à la gérante qui s’occupe du mien.

Je ne me résigne pas.

je prends une sage décision .

 

Avec trois bonnes nouvelles en prime :

Ce matin deux employés de la ville sont passé m’informer qu’on va me mettre un four.avec le gaz. ce qui signifie que ma maison ne sera pas détruite dans l’immédiat, comme tout le monde le pensait.

Si je faisais de la politique et que j’aurais des combats à mener,

je commencerais par celui-ci.

J’imagine bien que le travail des employés n’est pas simple, mais je ne crois pas qu’il soit facilité par de mauvaises relations.

La gérante de mon immeuble ne s’est pas présentée.

Ne m’a pas dit bonjour non plus.

Elle s’est simplement plantée devant moi, au guichet, avec un visage fermé, ce qui est dommage parce qu’elle est plutôt jolie ,

et totalement irrespectueux vis-à vis de moi, qui suis restée très polie.

Elle n’a prononcé  qu’un seul « oui? »,

J’aimerais qu’elle fasse l’expérience de l’effet que ça peut faire.

Je me suis  présentée,expliquée briévement,  et poliment,

en avançant qu’un erreur à été commise

et que j’aimerais  récupérer mes affaires.

Là, elle m’a ressorti les deux arguments litigieux

-que j’aurais du fermer mon grenier à clé.

-que j’aurais du le surveiller.

Mais j’étais sure de moi.

Je suis parfaitement renseignée.

J’ai dit non, que rien ne m’y obligeais et que je voulais récupérer mes affaires.

Et qu’en plus je voulais son nom.

là, elle à commencé à l’écrire sur un bout de papier,,

puis elle à du se souvenir qu’elle avait  des cartes.

Elle a disparu dans un bureau et n’en est pas ressorti.

c’est l’entrepreneur qui m’a apporté sa carte.

Je trouve désolant qu’elle m’aie accueilli de cette façon.

Qu’elle n’aie pas pris la peine de m’apporter sa carte , ni même de me dire aurevoir.

 

Mis à part la secrétaire très sympathique, les seuls qui  se sont vraiment donné de la peine pour m’aider sont l’entrepreneur et un de ses employés grec (!)

qui m’a gentiment aidé à porter les sacs les plus lourds sur les 4 étages sans ascenseur, plus la vingtaine de marches très escarpées qui mènent au grenier.

Sans ce manque de respect élémentaire, j’aurais pu voir tout cela comme une regrettable méprise due au manque de communication.

 

Franchement, il fallait le voir, en un quart de seconde, on aurait  dit un affrontement entre deux lionnes.

J’imagine bien pour quelles raisons cette personne  m’a manqué de considération.

Mis à part la difficulté de son travail, qui n’excuse rien, mais que je peux comprendre.

Le voisin de dessus qui avait pris l’habitude de m’insulter gratuitement ,

à très mal digéré la plainte que j’ai fini par déposer pour faire cesser plus de 6 ans harcèlement.

Et l’amende plutôt salée qu’il a du payer à la ville.

 

Il s’est vengé  en se plaignant de moi à la gérance.

Je n’ai jamais eu la possibilité de répondre à ses accusations arbitraires.

Je ne vois que cette explication.

Voilà donc ce que je changerais dans notre ville, si j’en avais le pouvoir :

 

j’aimerais que chaque biennois qui se présente poliment dans n’importe quel service de la ville , reçoive le respect élémentaire auquel il devrait avoir droit.

Ca n’a l’air de rien, mais , ça nous élèverait tous.

On  n’imagine pas, sans l’avoir vécu, les conséquences du manque de respect sur un être humain fragilisé.

Ce qui est triste c’est qu’à force, le danger est de voir l’administration toute entière comme une ennemie,

Mais bien plus, le manque de respect conduit à la baisse d’estime de soi-même. A la dépression, voir pire.

J’aimerais remercier, Renaud, Isa, Céline, Maud, pour leurs bons conseils et leur aide précieuse.

Ainsi que toutes les personnes quii me soutiennent sur Facebook.

J’aimerais que cette mésaventure soit la dernière.

J’aimerais… beaucoup.

 

 

 

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