Le meilleur endroit du monde

J’habite à Bienne. En Suisse.
Dans un vieil appartement avec des belles pièces, aux murs hauts .
Le sol n’est pas tout-à-fait droit et il fait froid en hiver.
Mais j’ai une belle terrasse, avec vue sur la rivière.
Je vois même un bout du lac, qui est tout près.
J’adore mon appartement.
Alors tant pis si les catelles de la salle de bain se décollent toutes seules.
Même le grand chantier du futur Campus, juste en face , me plaît, à sa façon.
Déjà, il est magnifique de modernité.
Ensuite, il nous protège du vent : il fera moins froid, l’hiver prochain.
Je n’ai qu’à traverser le pont qui enjambe la Thièle, pour suivre sa bordure
et voir des cygnes, des colverts, et même des castors!
De ma fenêtre, je vois aussi la forêt, les petites montagnes qui bordent la ville.

Je pourrais remplir des pages et des pages sur tout ce qui fait de Bienne une ville aussi spéciale.

J’ai tendance à voir ce qui va bien.
Ce qui me plaît.
Parfois, il arrive juste quelque chose.
Une mauvaise nouvelle, une remarque négative.
Pour moi, aujourd’hui, c’est un petit moineau mort sur le bitume.
Tout près de l’endroit où je dessine ma fresque.
Ca m’a rendu un peu triste.
La journée a continué comme voilée de gris.

Le jour précédent était tout différent : joyeux et sympathique.

Heureusement que les jours sont différents.
Parfois, il arrive aussi qu’on s’en prenne à ¨vous.
Injustement.
Ca ne devrait pas nous déstabiliser, mais ça le fait quand même.
Quand je regarde les informations… ça fait le même effet.

Ce que je veux dire, c’est que même dans la plus belle ville, avec les plus chouettes copains, on peut se sentir très mal.
Savoir que d’autres se sentent encore plus mal, pour des choses vraiment grave, ça n’aide pas vraiment.

On a tendance se regarder le nombril.
Chaque jour, nous avons de petites ou grandes épreuves à affronter.
Est-ce que c’est plus facile quand on vit ici ?
C’est clair !!!
Mais on a le droit de se sentir mal quand même .
C’est humain.
Par contre, je me rends compte que juste à côté de moi, quelqu’un vivait un enfer, et que toute préoccupée par mes petits malaises, je n’ai pas vraiment compati.
On croit que pour éviter d’être blessé il faudrait se blinde.
Mais c’est dommage.
Parc qu’un simple sourire peut déjà faire du bien.
C’est comme si on avait un super-pouvoir et qu’on l’utilisait pas.
A tout moment on peut se recharger,
Surtout, quand on vit ici.
Avec tout ce qu’on a .
Et ce qu’on a pas.

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