Jolie petite histoire

Pour le début d’année, je renoue avec la vocation de ce blog qui s’appelle Bien à Bienne,
Alors voilà pour vous, une petite histoire toute simple qui c’est passé l’autre jour à la poste.
La poste de la Gare.
Elle est plutòt grande, pour ceux qui ne la connaissent pas, avec un système d’attente éléctronique.
On prends un ticket et on regarde sur le panneau à quel guichet corresponds le numéro inscrit dessus.
En attendant, il y a des banquettes, pour s’assoir, un espace pour le enfants, et des présentoirs avec des articles de papèterie,
genre carte de voeux.
J’ai le ticket 822, et on n est à 800, ce qui me laisse un moment pour observer ce qui s’y passe.
Arrive un dame, avec ses deux petites filles.
La dame est masquée, comme tout le monde en cette année 2021, sauf les petits enfants.
La première chose que je remarque, c’est la qualité des cheveux des petites filles.
Un coup d’oeil à la mère, me montre de qui elles tiennent ça.
Elles sont spécialement ravissantes, ces petites filles.
Habillées joliment, coiffée pareil.
Rien de tape à l’oeil, mais elles sont si gracieuses dans chacun de leurs gestes, avec cette inconscience
de l’enfance de l’effet produit, que je ne peux pas les quitter des yeux.
Pourtant, elles ne font rien de spécial,
Elles ne cherchent pas à attirer l’attention.
Elles sont juste là, elle attendent leur maman qui est au guichet.
De temps en temps, la petite vérifie si sa mère est toujours là,
tandis que la grande, plus confiante, pars en exploration.
Voilà qu’elles viennent s’assoir près de moi.
Sur le bord du présentoir à carte prépayées.
Elles s’amusent à les regarder.
A toucher ceux qui ont des paillettes.
Mais sans rien déranger.
Ce sont des petites filles sages.
Ce qui les rends encore plus adorables.
Je suis tellement ravie de ce petit spectacle, que je leur souris,
derrière mon masque.
Elles lèvent la tête, me regardent à leur tour.
Sans peur, sans intention spéciale.
Juste pour vérifier qu’elles peuvent continuer d’être là.
La plus grande s’éloigne un moment vers l’espace pour enfant,
mais elles reviennent les deux s’assoir à nouveau vers moi.
Je ne sais pas si elles ont vu le sourire dans mes yeux et mon bonheur de voir exister de si charmantes petites créatures.
Les observer suffit à ma joie.
Elles doivent avoir entre 2 et 4 ans, pas plus.
Cet âge merveilleux ou les petites filles suisses de famille relativement aisée, n’ont rien d’autre à faire qu’exister.
Ce qu’elles dont avec tant de grâce.
Un peu dans leur bulle, mais déjà aussi dans le monde.
La maman a fini.
Elle revient vers elles , avec un seul mot :
-Kinder.
Elle le dit, avec nuances.
Un mot qui signifie *enfants*, mais aussi, amour, respect, confiance, et une toute petite pointe d’autorité.
Je n’ai jamais entendu quelqu’un appeler ses enfants de cette manière.
La plupart des gens feraient plutôt genre ; « Alicia, _Maria-Carmela, venez, on y va ! Remettez ces cartes à leur place! » etc…

Mais pas cette maman, et ces petites filles n’ont touché les cartes que du bout des doigts.

Je ne fais absolument pas attention aux autres personnes dans la poste, tant je suis fascinée par cette famille.

Il y a tellement de gens qui essaient de nous faire peur.
Qui voudraient que leurs craintes soient celles de tous.
Ceux qui prétendent que les enfants sont effrayés par les masques, par exemple.
Que ce monde est devenu si moche que nos chers petits ne pourront pas s’épanouir.
Qu’il faut se méfier des inconnus au point de quasi tenir en laisse sa progéniture.

Oh, je veux bien croire , j’espère même qu’elles font aussi des bêtises, ces deux petites..
j’allais dire « Princesses », mais en 2021, les petites filles sont destinées à d’autres fonctions.
Elles sont délicates, mais fortes aussi de cette confiance en elles que j’ai ressenti.
Tant que personne ne les rabaissera, elles seront ce qu’elles voudront.
Directrice d’entreprise, Présidente de la Confédération, ou maman à temps complet.

Je crois que ce qui m’a tellement plu, c’est de partager un quart de seconde leur univers,
d’être une adulte vers qui elles se sentaient bien, au point de rester vers moi pour attendre leur maman.

Les enfants, même ceux que nous avons fabriqué nous mêmes, ne nous appartiennent pas.
L’enfance est un passage éphémère.
Mais tellement important.
Notre rôle d’adulte est , non pas de leur donner cette confiance qu’ils ont déjà naturellement,
mais de ne pas la leur enlever.

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