Histoire vraie

Samedi à Bienne.
Comme chaque week-end en cette période d’avant les fêtes, des milliers de biennois et d’autres gens des villages aux environ, se pressent dans les magasins.
Bon, pas comme les autres années.. celles d’avant le virus.
Là, pn pouvait à peine marcher.
Bref, ça circule, mais il y a du monde.
Je suis là aussi, avec ma petite fille, à regarder si je trouve une petite blouse en action, histoire de compléter ma tenue pour les fêtes.
En parlant de tenue, je me suis habillée comme pour une expédition au grand Nord.
J’ai chaud.
Trop chaud.
Alors, je décide d’enlever une couche ou deux.
On s’arrête près d’une petite table ou je pose mon sac et mon appareil photo.
Il glisse entre les pulls.
Je me fais la réflexion intérieure d’y faire attention.
Je remets ma veste et mes affaires dans mon sac.
Nous partons , direction la boutique en face, qui vends des fins de série é un prix abordable.
Là, je repère une petite merveille sur un mannequin.
La vendeuse rechigne un peu :
-Je vais devoir l’enlever du mannequin. Il faudrait que je sois sure…
Je reste calme, mais franchement ! La belle affaire d’enlever deux bras au présentoir…
« Sure que je la prenne ?  » ? Et moi, j’ai besoin de savoir si elle me va, non ?
J’ai travaillé dans la vente de vêtements, moi aussi.
Quand on est compétente, on dit :
-Avec plaisir, Madame.
Point.
Tant qu’il est respectueux, le client est roi.
Et puis, à quoi à sert de mettre des habits sur des présentoirs, si c’est pour ne pas les vendre ?
Bref, comme je garde le sourire, elle aussi.
Elle s’exécute, et me tends la chemise.
Direction la cabine.
Je me déshabille et je l’essaie.
Elle est ravissante, mais un peu juste.
Je l’enlève et la ramène à regret.
-Ca ne va pas ?
Non.
-Pourquoi ?
Les gens sont étranges..
Je lui explique que je n’ai pas eu le « tilt ».
Enfin, là, je sens qu’elle me comprends.
Qu’elle se mets à ma place, en tant qu’acheteuse.
Du coup, je la complimente sur son magasin, qui est bien tenu avec de jolies pièces.
Pourquoi je vous raconte tout -4a ?
Parce que le temps passe.
Vous allez comprendre.
On ressort de là, et on passe devant Rüfi.
J’ai renoncé à l’idée de la blouse.
Du coup, avec l’économie, je peux me payer une petite pâtisserie.
Mais, à travers la vitrine, je vois les rayons déjà bien vide.
Donc , on continue le long de la rue de Nidau.
Sur le trottoir, avec du sable, un homme à sculpté deux chiens.
Un grand et un petit.
Un super boulot.
Que j’ai envie de photographier, forcément.
Et là, en un quart de seconde, c’est la panique.
La grosse et intense panique.
Je fouille partout.
Il est petit mon appareil, je l’ai peut-être mis dans mon sac, quand j’ai enlevé mes habits, chez Manor.
Ou alors, je l’ai laissé dans la cabine de l’autre boutique ?
Dans ce genre d’affaire, il faut faire vite, très vite.
J’envoie ma petite fille chez Manor et je fonce à la boutique.
Rien dans la boutique.
Mon désespoir augmente d’un cran.
Un gros cran.
Je fonce chez Manor, directement à l’endroit, le seul ou il pourrait être.
A moins qu’on l’aie volé quand je l’ai laissé dans la cabien,
Mais il n’y est pas.
Je suis en sueur.
Je vois trouble, je n’entends plus rien.
-Pour un appareil photo ?
Pas n’importe quel appareil .
Des mois d’économies, une action spéciale, tellement de travail. Et pas d’assurance…
Bref,en perdant mon appareil.. je suis dans la m….
La grosse.
Je suis carrément trempée de sueur.
Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.
Je vois déjà la déception de ceux qui ont contribué en me commandant des cartes.
Des gens formidables!
Et moi, avec ma distraction légendaire, je perds l’objet le plus précieux que je possède.
J’imagine la scène.
Mon petit bijoux de technologie est là, entre les pulls.
Des dizaines de personnes passent à côté.
Il est petit, abandonné.. il suffit d’un geste pour le mettre dans sa poche.
A moins que passe une personne honnête.
Je fonce au service client.
Mais d’abord, je demande aux caissières des alentours.
Rien.
Chaque fois , je dois attendre, il y a du monde.
Pareil au service client.
Tandis que je patiente, mon intuition me hurle qu’il n’est pas là.
Et mon intuition a souvent raison.
Si il n’est pas là.. c’est peut-être à cause du monde , justement, et que la vendeuse qui l’a trouvé n’a pas encore pu quitter son poste
pour l’amener au service client.
Il y a plein de caisses , en bas.
J’élargis les recherches en demandant aux rayons bijoux, lingerie… en vain.
Je suis désespérée, mais quelque chose me retient.
Une petite vendeuse, en rose, avec des cheveux blancs.
Je lui demande si elle a vu un appareil photo.
-Un Nikon ?
A ces mots c’est le feu d’artifice dans ma tête.
J’ai une furieuse envie de la prendre dans mes bras et de la serrer très fort.
Très très fort.
J’arrive à peine à parler.
Je la suis à la dernière caisse, près de la sortie.
Elle demande à sa collègue.
Et le revoilà, mon bébé, mon tout-petit.
Intacte.
Je les remercie, j’ai envie de les couvrir de cadeaux.
De les ensevelir sous les bouteilles de vins précieux, de fleurs et de chocolats.
Mais ce ne sont pas elles qui l’ont retrouvé.
C’est un ou une cliente.
Qui est resté anonyme.
Je ne saurai sans doute jamais qui est mon ma bienfaiteur, trice.
Quelqu’un de bien.
Je n’ai qu’une envie, rentrer chez moi en serrant mon bébé chéri.
Je ne vais quand même pas partir sans faire un tour par la tente blanche.
Pierre à reçu de nouveaux articles, et vendu quelques cartes.
Je suis ravie.
Au passage, je tombe sur mon ami David, qui est si passionnant.
Je vois aussi mes copines, à leur stand de pâtes-
Elles font aussi des sauces maintenant !
J’irai faire quelques photos cet après–midi.
Pour info je passerai vers 16h, si vous voulez me voir ;).
Moralité.
J’en vois plusieurs :
j’ai eu de la chance.
Les gens sont honnêtes .. aussi.
J’ai pu me contenir.
Je n’ai passé mes nerfs sur personne.
Et je me dis que je ne méritais pas de perdre mon appareil.
On peut interpréter mon histoire comme on veut.

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