Graffeurs biennois liberté d’expression, et Bansky-Syndrome

J’adore les graffeurs en général et les biennois en particulier, j’adore leurs oeuvres si colorées , leur culture et leur gentillesse quand je les prends en photos…

J’adore leur style, la diversité et le talent remarquable des graffeurs biennois.

Jusqu’à l’autre jour ou je suis tombée sur l’exception qui confirme la règle…

Oh pas un des meilleurs, loin de là.. sa petite oeuvre tristounette et sans relief termine une rangée de merveilles…

J’ai les photos, mais vous ne les verrez pas, histoire qu’il n’y aie aucune confusion.

Toutes absolument toutes les autres oeuvres sont aussi magnifiques les unes que les autres et reflètent le génie des graffeurs biennois.. sauf la sienne.

Tout le monde absolument tout le monde s’est laissé photographier de bonne grâce, posant même avec la bombe à la main… sauf un.

Pourtant, j’ai la photo.. et quand il se retourne, j’ai la preuve, il est tout aussi content que les autres…. par contre, le pauvre, il est atteint du Bansky-Syndrome…

Bansky ? Vous connaissez Bansky ? même si vous n’avez certainement jamais vu son visage, il est presque impossible que vous n’ayez pas vu une de ses oeuvres, tant elles sont connues et photographiée.

Bansky est un artiviste , c’est à dire, un mélange d’artiste et d’activiste.

Il s’engage pour des causes qu’il défends avec son art, en perpétuant des actions  parfois risquées et presque toujours illégales.

La libération des animaux, la guerre sont ses thèmes principaux.

Voilà pourquoi il avait tout intérêt à rester anonyme.

Rattrapé par la notoriété, on sait maintenant qui il est et à quoi il ressemble.

Ce qui lui permet de très bien gagner sa vie.

Vouloir suivre ses pas, certes, mais  tenter d’usurper l’essence de sa mentalité sans en avoir ni l’étoffe ni les moyens, c’est ce que j’appelle, le Bansky-Syndrome.

Et pour suivre ses pas, mettre de la peinture sur un mur est largement insuffisant…

Revenons à mon syndromé :

le voilà , me débitant tout une tirade sur le fait que je n’oserais pas LES prendre en photos… (dans un endroit public, désolé,mec, je connais les lois…).

Tous, pas que lui, monsieur parle au nom de tout les types de la rangée.

Genre, je suis le chef, le porte-parole du graf biennois…. ou je représente  à moi tout-seul le collectif  de cette palissade….

J’aimerais lui rappeler que :

Tant que je n’utilise pas la photo dans un but détourné, si elle est prise  à l’extérieur, et que ce n’est pas un portrait, sous lequel j’aurais écrit des mensonges …J’AI LE DROIT.

Exemple, même si on est à l’extérieur, si je le prends en photo, qu’il est reconnaissable et que je légende : Monsieur Machin porte -parole de du mouvement LGBT.. ce serait faux et il pourrait ne pas apprécier.

Par contre si je suis à l’extérieur, que je prends en plan large , et que je légende, graffeurs biennois à l’oeuvre, même si on le reconnait : j’ai le droit !!

Je précise encore que ceux qui étaient absorbés dans leur travail ont été pris de dos, donc pas reconnaissables, sauf celui qui à posé.

Donc je connais très bien mes droits.

Mais bon je respecte aussi l’envie de chacun d’être ou ne pas être publié.

Mais là, il ne se contentait pas de parler pour lui, mais pour tout le monde…

Et voilà qu’il essaie , à moi, qui ai grandit en même temps que Seyo.. notre star des star, notre référence old-school biennoise absolue, … voilà donc, qu’il essaie de m’expliquer ce qu’est le graf….

Et le soi-disant anonymat des graffeurs au profit de l’oeuvre.

Alors qu’il n’était pas né, quand les premiers tagueurs ont fait leurs débuts sur les murs biennois, et des graffeurs qui risquaient vraiment quelque chose, en ce temps là.

Jusqu’à ce que leur talent soit reconnu de tous.

Ceux qui lui ont ouvert la voie, la nuit, pour qu’il puisse tranquillement sprayer ses petits dessins au soleil

Alors, ça me fait bien rigoler, venant de quelqu’un en train d’écrire sur un mur, avec autorisation de l’entreprise qui est derrière, le nom même de l’entreprise.

Comme je l’ai dit, en plus ,d’une manière plutôt plate et sans grand intérêt artistique, voir sans aucun intérêt artistique….

Contrairement, je le répète aux autres oeuvres qui le précédent qui éclatent de talent…

Je n’ai aucun mal à imaginer que l’entreprise  a du payer quelque chose pour qu’il écrive ainsi son nom… les bombes coutent cher…

Alors ton anonymat, je le respecterai, parce que tu ne mérite pas un instant d’entrer dans le Walk of Fame des Graffeurs biennois.

Je le respecterai davantage si tu te rapprochais plus ou moins de Bansky, artiste anglais engagé.. dont les oeuvres au pochoir sont connues dans le monde entier.

Bansky dont la légende s’est faite  sur un anonymat total,  pendant des années, jusqu’à  ce qu’on sache vraiment qui il est .

Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui de gagner beaucoup d’argent … et même , il me semble logique que pour le gagner, on a quand même un peu besoin de savoir à qui le donner..

Alors, obscur sprayeur… tu peux m’empêcher de publier ta photo, ce que je fais sans aucun soucis, mais obliger le reste des graffeurs à respecter un anonymat qui arrange bien ton absence de talent, non.

(c’est pas très gentil de dire ça, c’est vrai, ça n’engage que moi, comme tout ce qui est écrit dans cet article)

D’autant que si c’était la règle parmi les graffeurs mondiaux, je comprendrais.

Mais c’est très loin d’être le cas.

Les graffeurs les plus doués de leurs génération , comme WES 21 chez nous, ou RONE en Australie, le sont parce qu’ils peuvent travailler, parce qu’on les embauche pour ça.

Connaitre leur visage, même si , bien sur, c’est surtout leurs oeuvres qui nous intéressent, n’est pas un soucis.

ils ont des sites, on connait leurs vrais noms

Seyo lui.même fait des expositions et pose volontiers devant ses oeuvres.

Soy Gris artiste hyper-talentueux  à la fois hollandais et chaux-de-fonniers, se met en scène avec ses oeuvres, et son beau visage souriant fait plaisir à voir.

Il a réussi l’exploit de faire de sa passion un travail, et il semble logique que l’on connaisse son visage, sinon n’importe qui pourrait prétendre être lui et tenter de s’approprier son travail!

D’ailleurs, je l’ai photographié moi-même à sa demande …..

J’ai travaillé avec Carol Gertsh, qui ne graffe pas, mais fait de remarquables fresques et trompe l’oeil. Il est lui-même une part de son oeuvre et se représente parfois picturalement.

Il est connu dans le monde entier et vit de son art.

On à la chance immense à Bienne d’avoir une culture du graf respectée, et de nombreuses entreprises qui font appel au graffeurs, qui peuvent oeuvrer en toute tranquillité et sont même souvent payé pour ça. Et c’est tant mieux !

Je respecte tout autant les oeuvres faites uniquement pour l’amour de l’art.

 

Bon, il reste quelques taggeurs, qui viennent , avec plus ou moins de réussite, mettre leur petite ou grande signature sur nos murs….

En toute illégalité… ceux-là, je comprends bien que les photographier ne leur ferait pas trop plaisir…

Alors voilà, vous ne verrez pas mes photos, prise ce jour là,  pour qu’il n’y aie aucune ambiguïté, et ne déranger personne.

Ce n’est pas le but.

Mon but, c’est la liberté d’expression individuelle, le droit à la reconnaissance,

l’information.

 

En conclusion :  le droit à l’image appartient à chacun, je respecterai toujours le droit de chacun.

Par contre, je refuse qu’on essaie de me faire gober une couleuvre qui aurait la couleur et le gout de la frustration d’un pseudo-artiste moins doué que les autres , mais qui voudrait imposer sa façon de penser à tout le monde.

Un artiste qui veut travailler,être reconnu, et payé (les bombes coutent vraiment très cher) et tout travail mérite salaire, ne peut en aucun cas rester anonyme. A moins d’avoir l’appui d’une infrastructure qui aurait les moyens d’entretenir son mythe.

Ce n’est surement pas le cas de nos jeunes artistes biennois.

C’est bien beau de faire partie d’un collectif, mais pas quand un de ses membres tente d’étouffer les possibilités des autres.

La concurrence est rude, beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Aucune chance ne doit leur être enlevée.

Bien sûr, à la base, le graf se fait en toute liberté, mais ceux qui veulent en faire un travail, doivent bénéficier des meilleures conditions.

Et quand quelqu’un en fait un travail, et se permet de me tenir un discours d’anonymat, alors qu’il est en train d’écrire le nom de l’entreprise qui l’a engagé…. et bien ,qu’il reste anonyme, mais n’empêche pas les autres de travailler !

C’est mon avis, ça n’engage que moi.

Je vais quand même demander à mes amis graffeurs ce qu’ils en pensent.

Ceux que je connais ne cachent ni leurs identités, ni leurs visages.

Et ils travaillent… certains en vivent…

Quand à mon avis sur l’absence de talent  de l’individu en question dans mon article, il n’engage que moi aussi…

On peut ne pas être d’accord, c’est mon opinion, tout -à-fait subjective…

Je remarque simplement qu’avec le temps et les conditions idéales dont il bénéficie, il produit.. ce qu’il produit…

Ce qui est juste à côté  n’a aucun point de comparaison possible.

D’autres, dans l’urgence et les conditions périlleuses font des des chefs.d’oeuvres…

Mais bon, il avait peut-être des impératifs dictés par l’entreprise…Ce qui décrédibiliserait encore plus son discours.

il a peut-être d’autres choses plus brillantes à son actif, mais je dois dire que  vu sa réaction, je n’avait pas trop envie de faire des recherches …

 

Ma fille me dit que ce n’est pas mon problème, que je n’ai pas à défendre ses jeunes graffeurs. C’est vrais qu’ils  ont le droit d’être du même avis, si ça se trouve, mais je doute que ce soit le cas d’absolument tout le monde dans cette rangée. Je l’espère en tout cas…

Il n’y a rien de pire que la pensée unilatérale, surtout si elle est contre-productive.

Je pourrais passer sur le sujet, mais voilà, je ne supporte pas l’injustice.

Je me méfie de ceux qui parlent au nom des autres.

Je ne parle qu’en mon nom, je le répète encore une fois,  et en aucun  cas en celui de ceux qui sont cité dans cet article.

Double  injustice :

la première vis-à-vis de moi qui ai , sous certaines conditions citées plus haut le droit de photographier et publier.

Je précise qu’il a dit que même de dos, je n’aurait pas le droit.

La seconde au sujet des autres graffeurs présent .

Est-ce qu’ils savent que le type tout au bout empêche les gens de les photographier ?

Tout cela se déroulant en pleine après-midi dans un endroit public…

Voilà pourquoi j’ouvre ma grande bouche.. ou plutôt j’écris ce que j’en pense.

 

Je suis bien contente que nos graffeurs puissent s’exercer en toute respectabilité.

Ils ont gagné ce droit.

Ils méritent que l’on sache qui ils sont.

C’est leur intérêt.

Personnel et financier.

Empêcher ça revient à les léser  quelque part.

M’en empêcher me lèse.

Je ferai d’autres photos de leurs oeuvres pour que vous puissiez les voir.

Si ils sont en action au moment de la photo, je leur demanderai , comme je fais toujours leur autorisation, si on reconnait leur visage, avant de publier.

C’est ma règle.

En attendant, pour illustrer cet article, je ne mettrai qu’une photo qui n’a rien à voir.

Et c’est bien dommage.

Histoire de n’impliquer personne dans mes prises de position. c’est préférable.

 

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