Elle s’appelait Prisca…

c’était une grosse chienne noire.

Berger allemand par sa mère.

Labrador par son père :

le mélange parfait d’un chien de garde capable de mettre à terre un adversaire humain,

et d’une adorable louloute pleine d’amour pour les enfants.

Elle adorait l’eau.

Je m’amusais à la gicler, et elle buvait comme ça, récupérant quelques gouttes dans un claquement de « bec ».

Je me fatiguais avant elle.

Avant l’arthrose, elle pouvait sauter haut, très haut, pour récupérer un bâton qu’elle dévorait.

Mais qu’elle ne rapportait jamais.

Elle avait des tas de regards.

Interrogateur ,content, surveillant.

Principalement surveillant.

Constater qu’on suivait bien.

Que tout ses moutons étaient bien là.

Ou qu’on l’attendait.

Le seul regard qu’elle n’avait pas, c’est celui du chien qui quémande :

même la nourriture.

Quand elle avait faim, elle le disait :

-ouaf!

Pas question de supplier.

Et si on traînait, elle se mettait tout près, fixant l’aile de poulet qui allait lui appartenir. jusqu’à ce qu’on lui donne.

C’était normal.

Notre part contre sa part .

Pareil pour l’eau :

-Ouaf !

et pour sortir :

-Ouaf !

Des ouafs que j’avais appris à reconnaître avec le temps

Je ne me souviens pas d’un regard malheureux.

Ni même souffrant.

Même en pleine agonie.

Même les dernières fois qu’elle à pu lever la tête pour accueillir sa vétérinaire, ou indiquer qu’elle voulait se lever,

La plupart des chiens que j’ai vu dans ma vie, sont capables d’avoir un regard de chien battu, même lorsqu’ils sont traités comme des rois.

Surtout quand ils sont traités comme des rois.

Mais pas Prisca.

Son regard avait quelque chose d’humain.

Mais d’un humain exceptionnel, dont la mission était de garder son troupeau

et le droit d’obtenir que ses besoins soient satisfaits en échange.

Sans jamais s’énerver.

Juste faire ouaf.. plus fort, jusqu’à ce que ça vienne.

J’ai eu d’autres chiens.

Mais Prisca, c’était plus qu’un chien.

C’était Prisca Bergeon, un membre important de la famille.

Oui, les autres chiens  aussi étaient importants  ; plus ,comme des enfants dont il faut s’occuper et que j’ai aimé tout autant.

Mais Prisca prenait soin de nous.

Tout le temps, jour et nuit.

Jusqu’à la fin.

Mais elle souffrait.

Physiquement sûrement,  jusqu’à ce qu’on lui donne ce qu’il faut pour calmer ses douleurs.

A ce propos je dois parler du CBD en gouttes, produit naturel issu du chanvre, sans THC, qui la calmait très efficacement.

Ensuite, elle à eu des piqûres, tout les jours et une perfusion chaque jour aussi, puisqu’elle ne mangeait plus, ni ne buvait.

Pour son confort, et parce qu’on essayait de la sauver.

Avec Florence de Brito notre merveilleuse vétérinaire.

Mais on aurait pas pu.

Son cancer était trop avancé.

Des lymphomes probablement qui se seraient rependus.

Et un moment, on a vu.. son regard s’est éteint, retourné vers l’intérieur, elle partait déjà.

Et c’est là que j’ai pris la décision ferme.

Prisca était un chien très propre.

Ca avait commencé par de l’incontinence.

Même si on l’a rapidement soigné pour ça, ça la gênait beaucoup, de ne plus contrôler son pipi.

On a eu l’impression qu’elle allait mieux, quand j’ai pu à nouveau lui donner à boire, mais c’était mécanique.

Comme quand elle rêvait qu’elle se promenait et que ses pattes partaient toutes seules.

En fait, elle avait une sorte d’infection qu’on à pu soigner, mais c’était le symptôme de quelque chose de bien plus grave.

Tout ce que j’aurais pu faire, c’est prolonger son calvaire, pour apprendre ce qu’elle avait exactement, et au point ou elle en était déjà, je ne suis pas vétérinaire, mais même au Tierspital, je pense qu’ils n’auraient rien pu faire.

Elle se serait retrouvée sans nous.

Elle qui ne nous à pas quitté un seul jour depuis son arrivée dans notre famille.

Elle qui flippait si je laissais la laisse à quelqu’un d’autre et qu’elle ne me voyait plus.

On ne pouvait pas lui faire ça.

Par contre on pouvait rester vers elle, à l’endroit qu’elle avait choisi, la terrasse, pour la soutenir.

Prisca à voulu mourir en plein air.

Heureusement pour nous, c’est l’été et il n’a pas plu.

Maintenant, je me retrouve dans un appartement qu’il faut nettoyer.

Une immense vaisselle dont personne ne s’est occupé.

A part les chats, qui ,merci les chats, ont ripoliné les plats.

En parlant des chats, ils sont restés respectueux.

Ma petite Mystère montait la garde devant Prisca, se couchant contre elle.

Chose qu’elle n’avait jamais pu faire avant.

J’ai 8 chats, mais Prisca n’en aimait qu’un seul, Sweety, la  seule chatte noire du groupe.

Voilà, la vie continue.

Je dois faire le ménage, aller chercher ma petite fille à l’école.

Et ça va.

Vraiment ça va.

Mon chagrin est bien là, dans mon coeur, mais mon corps et mon esprit son libérés de l’inquiêtude ,enfin.

A chaque fois que je quittais la terrasse, j’angoissais de ce que j’y retrouverais…

Je ne voulais pas qu’elle soit seule pour affronter la mort.

Je ne voulais pas qu’elle souffre davantage.

Je l’ai défendue contre les mouches vertes qui tentaient de s’approprier son corps, contre la conjonctivite qui salissait ses yeux et humidifié sa pauvre truffe sèche, puisqu’elle n’avait plus la force d’ouvrir la gueule pour le faire elle-même.

Je pensais à elle comme un être vivant qui à besoin d’aide.

J’ai été son infirmière.

Quelques mois.

Elle était ma gardienne depuis des années.

Je l’imagine installée sur un nuage, ä  la meilleure place pour nous voir, et continuer sa garde.

Quand à moi, je n’ai plus à m’inquiéter.

Je n’ai plus à me partager pour m’occuper aussi de Sidney, par exemple, ou de mon fils.

En parlant de Sidney, elle a été très triste.

Des gros moments de peine entrecoupés de rire.

Parce que nous sommes ainsi, dans notre famille, l’humour est notre thérapie.

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En parlant de thérapie, rien n’est meilleur pour l’esprit qu’un nouveau projet.

Et j’ai eu une idée.

Mais une idée si belle que je suis sure que vous allez adhérer.

Une idée qui à du sens.

Qui fait du bien.

Mais avant de vous en parler, je dois…

Enfin que ça se fasse ou non.

Mon idée est belle et me donne la pêche.

 

 

 

 

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2 réponses sur “Elle s’appelait Prisca…”

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