De son abîme sans fond…

où le règne de la lumière n’est plus qu’une légende improbable… (David Egger , journal 2019)

David souffrait. tellement.

J’ai retrouvé un journal.

Il écrivait bien David.

Il bricolait aussi, des tables magnifiques qu’il décorait avec cette technique dont le nom m’échappe toujours…

Mosaïque.

Etonnant David, qui brodait des motifs tribaux sur ses casquettes…

qui fabriquait des lances africaines, pour défendre ses voisins…

qui ne comprenait pas.

Que ce qu’il voulait, c’était simplement montrer ce qu’il avait fabriqué.

Mais c’est clair,

3 cancers…

c’est beaucoup pour un seul David.

Notre David.

Râaleur, souvent, mais si généreux, tout le temps.

Jusqu’à ce que le mal qui le rongeait, prenne tant de place qu’il nous l’a bouffé, notre David.

A la fin, il n’en restait plus rien.

Aux yeux du monde.

Et même aux siens.

Nous sommes en deuil,

depuis longtemps.

Alors cette douleur , qu’on pensait maîtrisée,

n’a fait, en vrai, que s’accumuler.

Je la sens, cette peine, bien tassée.

J’ai peur qu’elle sorte, et qu’elle me fasse exploser.

David que j’ai tellement aimé.

Que j’ai tellement détesté.

Et réciproquement.

Je suis en deuil et en colère.

 

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