Dans ma rue

J’attends le bus.

Le 4.

Chose curieuse, alors que l’arrêt est situé juste devant la relativement récente Résidence du Lac (pour personnes âgées).

Bonne nouvelle, on a pensé à tout : histoire de renforcer leurs défenses immunitaires, on applique la méthode de l’endurcissement .

D’abord, pas question de les affaiblir en leur proposant un abri-bus.

Ni même de quoi s’asseoir, confortablement.

Leurs vieilles jambes fouettées par le vent et la pluie verront ainsi le sang circuler au mieux dans leurs artères.

Que de prévention.

Vu l’économie réalisée , on a pu leur faire cadeau d une oeuvre d’art, un truc en métal massif,  qui ne représente rien,

histoire de travailler l’imagination,

histoire de penser à  autre chose qu’à la douleur d’attendre le bus debout.

-Mais Catherine, la Résidence du lac, c’est privé, c’est la ville qui décide de l’installation des abris-bus…

Ben oui, justement,

C’est bien connu, notre ville se préoccupe particulièrement des personnes âgées.

Je dis ça, mais, il n’y a qu’a fouiller dans sa boîte aux lettres, pour se protéger de la pluie.

Terre des hommes, nous distribue, cette année encore des cartons.sensibilisateurs.

L’année passée ils servaient encore d’abris pour les plus pauvres.

Cette année, ils les mangent !

Je ne plaisante pas.

Les traces de morsures, un peu trop régulières, à mon goût, sont là  pour nous faire réagir…

Dans le texte qui l’accompagne, c’est encore pire.

La petite fille qui fait des boulettes de terre… la maman qui fait des soupes à l’eau, sans rien d’autre dedans… c’est juste une horreur.

Du coup, je suis moins embêtée pour les Résidents du lac.

Mais tout de même…

Le monde est comme une pagaille gigantesque.

Rien n’est justement réparti.

Le vent souffle au-dehors, et tant que je ne suis pas sur le trottoir d’en face à me les geler en attendant le bus, ça va.

Ce n’est pas la forme olympique .

J’ai comme un gros point dans le haut du dos.

Une fatigue générale.

Je dors mal, je fais des cauchemars  .

Il es tôt, mais je vais aller me coucher.

Je veux retrouver ma joie de vivre.

 

Faire mon ménage intérieur.

Puisque le monde

est une pagaille gigantesque.

C’est déjà un début de commencer par soi.

 

 

 

 

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