Conte d’après Noël

Ce matin là, elle se réveilla avec une sorte de blues,
Pourtant, elle avait passé un super Noël.
Avec ses enfants,le copain de sa fille, sa petite-fille, et un ami.
Elle l’avait invité parce qu’il était seul, mais il n’est pas resté longtemps.
Prétextant la fatigue.
En vérité, elle avait plutôt l’impression que le bonheur des uns ne fait pas forcément celui des autres.

Ce Noël, elle l’avait préparé toute la semaine.
Tout le mois, même puisqu’un immense sapin décoré trônait déjà dans le salon depuis trois semaines.

D’abord, chercher les cadeaux.
Mission difficile, mais elle savait ce qu’elle voulait : une petite attention qui montre à la personne qu’on la connait bien.
Alors, même si ils sont déjà adultes, elle avait trouvé pour chacun leur animal préféré en peluche, avec un petit billet fixé à la patte.
Pour sa petite fille, c’était facile ; une lettre au père Noël, subtilement laissée en cours d’écriture sur son petit bureau,
lui indiquait précisément le présent qu’elle espérait.

Une fois les cadeaux installés, il fallait encore penser au repas.
Forcément, elle pensait aux Noël de son enfance, qui étaient si parfait, chez sa tante Francine au Prévoux.
Sa célèbre sauce aux morilles avec l’ingrédient secret, ses minis-frites …
Les enfants qui courent dans la maison, en se réjouissant.
Encore le temps de bâtir un igloo devant la maison.
A cette époque, la neige tombait par mètres…

Le monde avait changé.
Particulièrement depuis le virus.
Rien n’était plus comme avant.
Pour le mal, et pour le bien.
Cette année, elle avait décidé de vivre comme si chaque jour était le dernier.
De profiter de chaque instant.
De réfléchir au sens des choses.
Et, curieusement, elle ne c’était jamais senti aussi bien.

Ca faisait des années qu’elle suggérait la fondue bourguignonne pour les repas qu’on le faisait chez d’autres membres de la famille.
Mais chaque fois, on lui préférait la chinoise, ou d’autres choses.
Cette année, elle se ferait plaisir.
En cherchant bien, elle avait trouvé tout ce qu’il fallait sans trop se ruiner.
Avec des petites patates sautées, plein de sauces et une salade de fruits exotiques bien fraiche, pour le dessert.
Simple, mais efficace.
Encore le temps de dresser une jolie table, de se faire un peu belle.
et voilà, sans stress, juste le bonheur de bien manger ensemble.
L’impatience de découvrir les cadeaux, et la joie de voir qu’on avait touché juste.

Quand on se sent si bien, on se relâche, on est soi-même, on a besoin de rien d’autre que d’apprécier la présence des uns et des autres.
Et rire.. tellement qu’on en pleure.

Au final, une soirée avec les personnes qu’elle aime le plus au monde. et le copain de sa fille qui c’est révélé adorable.
Elle le voyait pour la première fois.

Un vrai Noël, pour tout le monde, qui lui rappelait les Noëls de son enfance ou chacun avait sa place.
Jamais on aurait grondé les enfants ce jour là

Sa tante Francine lui avait montré comment on fait, et pour la première fois, elle avait l’impression d’avoir réussi.
D’avoir vraiment compris et interprété cet esprit de Noël qu’elle aimait tant.
Sans reproche,
Au contraire.

Ce matin elle se sentait un peu vide…
Mais peu à peu, elle se remémorait le soir précédent.
Les rires, la joie, les compliments.
La bonne entente, les attentions réussies.
A chaque souvenir, son coeur se gonflait à nouveau.
Comme un vieux pneu qui serait juste dégonflé.
Mais pas crevé.
Et cette douce chaleur, comme celle du feu qui crépitait dans son poêle,
la remplissait toute entière.

A cet instant, elle su
que pour le reste de sa vie,
il lui suffirait de repenser à ce soir là
pour se sentir bien.

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