Cerveau-lent

C’est ainsi, l’humanité ne peut pas s’en empêcher.
Il faut qu’elle critique, se méfie, se moque.
Toutes les inventions, les nouvelles pensées,
y sont passées.
Pareil pour les maladies.
Les épileptiques étaient possédés, les appareils photos capturent les âmes, et Facebook, comme la radio et les livre avant elle, va disparaître au bout d’un an.
La bêtise, la peur de l’inconnu, ont toujours fait des ravages.
Valait mieux ne pas être une femme et s’intéresser aux plantes il n’y a pas si longtemps, à moins d’avoir envie de finir carbonisée sur le bûcher.
Ces gens là. ceux qui mettaient le feu, sont exactement les mêmes qui répandent des rumeurs sur tout ce qu’ils ne comprennent pas.
On pourrait penser qu’à force, on s’éduquerait, on comprendrait.
Mais non, ça recommence à tout les coups.
Dernière en date, l’intelligence artificielle qui va tous nous remplacer par des robots.
D’ailleurs là, je ne suis peut-être même pas un être humain, hein ?
allez savoir, vous avez le choix, entre les extra-terrestres et les logiciels hyper-développés qui vont nous envahir, pareil, pour nous exterminer.
Vu que nous sommes tellement stupides, ça ne sera pas une grande perte.
Sourire…
Penser comme ça, c’est renier une immense part de l’humanité.
Celle qui l’a fait tenir debout.
Notre belle capacité à avoir des sentiments.
A nous battre pour sauver ce que nous aimons.
A préférer la joie de vivre au scepticisme.
Cette capacité de nous dépasser, de puiser dans nos réserves insoupçonnées pour avancer et avancer encore.
Réaiser des exploits qui ne servent à rien, pour le plaisir.
Gravir des montagnes, traverser des océans.
Elever des enfants tout seul.
Je mets ça au même niveau, parce que c’est aussi difficile.
Surtout que les enfants sont rarement livrés avec un mode d’emploi,
et aucun sherpa n’est là pour guider ou porter les affaires.
Nous sommes capables de tellement de belles choses, si nous voulons.
Aujourd’hui je n’ai pas envie de parler des horreurs.
Ce n’est pas le sujet.
Voilà ou je voulais en venir : il y a le cerveau lent et le rapide.
Tout les deux font des dégâts.
Le lent par bêtise et le rapide, parce qu’il passe trop vite sur des points importants, pour en arriver à toute une panoplie d’extrêmes dans lequel il va se perdre.
Ce qui explique pourquoi les gens trop intelligents atteignent parfois la folie, et la paranoïa.
Le tout est de trouver une bonne mesure.
De ralentir dès que ça s’emballe, pour ne pas passer trop vite sur les paramètres importants.
On ne peut pas tout prévoir.
Si on arrive à se le mettre unne fois pour toute dans le crâne,
ça v mieux.
Vraiment.
C’est ce que j’essaie de faire.
Parce que le cerveau qui s’emballe avec dix milles questions et réponses qui se choquent et s’entrechoquent, c’était mon lot.
Et le pire, c’est que le plus beau, les sentiments, était devenu le pire.
Ils m’encombraient , me pourrissaient la vie.
Et je ne parle pas que des grands sentiments.
Tous, même les plus petits me foutaient la trouille.
Au point de ne pas pouvoir dire simplement bonjour à quelqu’un que je n’ai pas vu depuis longtemps.
Par peur qu’il ou qu’elle ne me reconnaisse pas.
Qu’il ou qu’elle se demande ce que je lui veux.
Que ça implique que l’on aie une discussion.
Ave des questions qui me gêneraient.
Et hop, me voilà en train de répondre dans une conversation imaginaire à des questions qu’on ne m’avait pas encore posé.
C’est grave ?
Et encore, ce n’est qu’une toute petite partie…
Eh bien, bonne nouvelle :
ça passe.
Avec le temps et beaucoup de travail, c’est passé.
Je le sais.
je l’ai testé l’autre jour en tombant sur ma vielle copine de classe, qui a un mari plutôt joli.
Je l’ai reconnu à ça, d’ailleurs.
Parce qu’elle à beaucoup changé , elle aussi..
A l’époque de notre scolarité, elle avait les cheveux très clair, et devenait écarlate dès qu’on lui disait quelque chose.
Même « bonjour ».
C’est fini.
Les cheveux sont châtains et la peau de couleur normale.
Je lui ai dit bonjour, et c’était sympa,
on allait traverser la même rue.
et c’est tout.
Pas besoin d’en rajouter.
J’ai même pu lui dire que je l’avais reconnu à son mari.
ce qui à eu l’air de lui faire plaisir
et oilà, pas besoin de se raconter nos vies.
Je souris, parce qu’il n’y à pas si longtemps j’en serais arrivé en une fraction de seconde à changer de direction pour m’éviter
des problèmes imaginaires.
Mais oui c’est grave.. au point de refuser de trop sympathiser avec qui que ce soit, pour ne pas être invitée à manger et en arriver au pire moment de gêne que je connaisse : celui de a sauce à salade…
a) avouer que je déteste ça.
b) que même sous la torture je n’en avalerai pas une bouchée.
même pas pour faire plaisir à celle qui l’a préparé.
sans oublier toutes les autres choses à manger que je n’aime pas non plus et qui risquent d’être présente.
Tout ça faisant d’un moi un être barbare dépourvu d’éducation.
Une curiosité qui va attirer l’attention.
Et le risque de mourir étouffée par la gêne, en plus.
Vous trouver ça grave ?
Ce n’est absolument rien, par rapport à l’étendue du reste…
Mais c’est fini, ça n’arrive plus, je parle,maintenant, sans peur.
Et c’est tant mieux.
Comment j’ai fait ?
Le temps, la pratique…
Et ça passe.
Il suffit de le vouloir, et de persévérer.
ça prends des années, mais j’ai réussi.
Et j’en suis bien contente.

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