Au temps pour moi

Eh oui.. ça s’écrit comme ça.
Avec une de ces logiques typiquement française…
on dit « au temps pour moi »
-Pas « autant pour moi  » ? j’aurais parié que…
Moi aussi.
En réalité, on peut dire les deux, mais c’est bien « au temps » qui prime.
Je le sais depuis hier soir.
C’est le genre de question que me pose mon fils.
Il m’arrive d’avoir la réponse.
Là, j’ai vérifié avant, j’ai bien fait.
Bon, il aurait pu le faire lui-même.
Mais ça nous à fait un sujet de conversation.
Je sens l’énergie qui revient.
Tout à l’heure, je vais voir si ma commande est arrivée, pour mes bijoux.
Ca va me permettre de continuer.
J’ai deux shootings à travailler et un troisième à continuer pour mon opération top model qui va se poursuivre.
Je dois trouver un moment avec elle ,mais j’ai déjà ma petite idée de qui sera la suivante.
J’ai plein d’autres photos d’Aurore que je continuerai de mettre ça et là.
D’abord, terminer le shooting de Fanny et David.
Ils sont parents maintenant, d’un adorable petit lutin.
Il est né le jour du shooting de Gabriela et Fabienne.
Shooting qui sera aussi ma priorité cette semaine.
Je devais me reposer.
Je sais que tout le monde ne comprends pas comme l’Art peut être prenant.
Ca prends pas seulement en énergie physique.
Ca prends de chaque parcelle, chaque atome de ma personne.
Parce que je me sens utilisée par l’inspiration.
Comme un outil humain.
Ca me traverse en totalité.
Au point que je suis obligée de m’accorder des pauses, pour récupérer.
C’est un cycle, il faut me vider, récupérer, et ensuite, je peux me réutiliser.
comme une de ces plumes à réservoir, celles qu’on avait à l’école.
Il faut l’utiliser jusqu’au bout.
Jusqu’à la dernière goutte avant de remettre une nouvelle cartouche.
Vous savez, ce phénomène d’épuisement artistique que je décris là,
demande aussi des sacrifices.
Dans notre société, avoir une bonne image est important.
Dans son aspect, dans ses actes.
Et on en revient à la phrase de Doris ;
« Je n’aime pas qu’on me dise comment je dois vivre ma vie ».
Heureusement, dans mon entourage, il y en a qui connaissent ce processus.
Ou qui ,même si ils ne le comprennent pas, m’acceptent comme je suis.
Mieux, il y en a qui me soutiennent.
Et heureusement.
C’est grâce à ce soutien que je peux continuer d’être qui je suis.
J’en parle souvent.
Ce que je dis moins c’est que la première personne contre qui j’ai du lutter pour arriver à ça, c’est moi.
Quand on dédie sa vie à l’Art, il y a des sacrifices.
On ne peut pas en même temps être la personne que les autres voudrait que vous soyez.
Ou plutôt, être la personne que je crois que les autres veulent que je sois.
J’ai beaucoup culpabilisé, et je culpabilise encore
Surtout par rapport à ma famille.
Je ne peux pas être la fille, la soeur , la tante, l’amie .. qui assure.
J’ai essayé, j’ai vraiment essayé.
Chaque fois, je remarque que je fini sur les genoux.
Doublement.
Ca irait encore .
Finir sur les genoux, j’ai l’habitude.
Ce que je ne tolère plus , par contre, ce sont les reproches.
Parce que ça en rajoute une couche :
triplement sur les genoux physiquement… et à terre moralement.
L’incompréhension passe encore, mais la culpabilisation : NON.
Non, non et trois fois non.
Cette p…. de culpabilisation me pourri la vie depuis aussi longtemps que je m’en souvienne.
Et donc, j’ai essayé de lutter contre.
Pour éviter de devoir la subir, je n’ai rien trouvé de mieux que d’essayer d’assurer.
Mais ça n’a rien changé.
Au contraire, c’était pire.
Double ration de culpabilisation, triple ration de fatigue
Résultat, je ne contente personne, ni moi ni les autres, et je ne crée plus.

Je crois que nous avons tous dans nos vies , des proches qui essaient de nous culpabiliser.
Qui nous disent ce que nous devons faire, et qui nous en veulent si nous le faisons pas.
Pire, ce truc, qu’on ne supporte pas, on ne peut pas s’empêcher de le penser aussi.
Pour soi-même et pour les autres.
Résultat, si on pouvait matérialiser toute cette culpabilisation,
elle serait comme un énorme nuage noir au-dessus de nos têtes.
Il pleut assez comme ça , non ?
Donc fini de finir doublement sur les genoux.
C’est le cas pour moi, et je sais que ça l’est pour beaucoup de vous aussi.
Principalement si vous avez des enfants.
Vous faites votre part.
Parfois plus que votre part.
Je pense aux mères qui ont des enfants particuliers, qui demandent une compréhension
qu’on ne leur accorde pas toujours.
Non seulement , elles donnent tout pour leur enfant, mais souvent, elles le font toutes seules.
Celles à qui on balance : mais c’est normal… c’est ton gosse.
Alors, ok, c’est normal.
Un normal épuisant.
Alors, cette mère, qui en plus à un travail, une maison à entretenir, devrait encore assurer sur tout un tas d’autres plans ?

Je sais que ce sujet là n’est pas drôle.
Je ressens le besoin d’en parler, parce que ça touche tout le monde.
On se juge les uns les autres, on juge ceux qui jugent.
On se juge soi-même.
C’est ce que je fais là, d’ailleurs.
Ce poids invisible, il ne tient qu’à moi de le dissiper.
Il y a un moyen :

Garder confiance.

Quand aux petites phrases blessantes , je les renvoies à l’expéditeur.
Encore une fois
Le monde, la vie , les gens, rien n’est parfait, donc autant s’y faire,
sous peine de beaucoup souffrir pour rien.
Si quelqu’un pense que je suis une mauvaise fille, soeur ,amie, ç’est son droit.
Si on ne comprends pas, n’accepte pas, rejette mon comportement, c’est son droit.

Comme c’est le mien d’agir comme je veux.

Voilà, j’aurais du commencé par ça, ça m’aurait évité tout ce blabla.
Mais voilà, je culpabilise.
Je culpabilise assez toute seule, pas besoin d’en rajouter.
Donc c’est à moi que je devrais m’adresser, en premier :

Vis ta vie, , moi. Fais comme tu peux et laisse les autres tranquilles.
Laisse toi tranquille et fait ce que tu as à faire.

Au temps pour moi…

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