Adieu Biel-Bienne ?

Or donc …
Biel-bienne est plus qu’un journal, c’est une institution.

Voilà que j’apprends qu’il va disparaître à la fin de l’année .

Biel-Bienne c’est d’abord une présentation moderne, de belles photos en couleurs des personnalités locales, des endroits marquants, des films à l’affiche dans nos cinémas.

Biel-Bienne, c’est de la culture, au point qu’on oublierait presque la publicité qu’il contient!

Biel-Bienne c’est d’abord une équipe de journalistes que nous connaissons, aux plumes attractives, intelligentes et stylées.
Mohamed,le regretté Renaud, Thierry, Mario et Ludwig, pour citer les plus emblématiques.
Chacun à sa manière nous régalant d’articles poétiques, drôles, interpellants toujours dans un français parfait et si agréable à lire.

Dans un français , et dans un allemand.
Biel-Bienne est entièrement bilingue.
Cà le rends d’autant plus unique, que dans un pays avec 4 langues nationales, c’est le dernier journal de ce type.

Mon premier souvenir ce sont les « Or donc » de Jack Rollan.
Comme j’ai aimé ses chroniques .
Comme il m’a inspiré cet homme!
Chaque semaine, j’ouvrais le Biel-Bienne pour lire ses écrits en premier.
Des petits bijoux d’humour et d’esprit qui me régalaient à tout les coups.
Paix à son âme et merci à lui !

J’avais un rêve : être journaliste au Biel-Bienne, moi aussi.
Je l’aurais fait gratuitement, tant ça m’aurait rendu fière.
Finalement, au lieu de parler dans Biel-Bienne, c’est l’inverse qui c’est produit : Biel-Bienne a parlé de moi.
Un article de Thierry Luterbacher, et un de Mohamed Hamdaoui.
Des petits bijoux, à chaque fois, et certainement, un des plus beaux jour de ma vie quand j’ai découvert ma photo en première page!

Biel-Bienne c’est un journal qu’on aime parce qu’il est à notre image de biennois :
multi-culturel et un brin alternatif.

Biel-Bienne m’a inspiré ce Blog aussi, ce Bien à Bienne, comme un petit frère virtuel et personnel, amoureux de sa ville et de ses habitants.

Nous les biennois, avons chacun notre raison d’aimer ou de détester Biel-Bienne.
Tout, sauf de l’indifférence.

Alors, Bienne sans lui ne sera plus tout-à-fait Bienne.

Remplacer Biel-Bienne ? Mais par quoi ?
Et surtout : pourquoi ?

Ca n’a pas de sens.
Alors comme ça, à 49 ans, il est fini dépassé, on coûte trop cher et donc il faudrait le remplacer?

Alors que Biel-Bienne est le dernier journal biilngue de Suisse, dans la ville la plus bilingue de Suisse.
Ca me semble déjà une raison suffisante pour justifier son existence.
Pour la préserver.
En prendre soin.

Biel-Bienne c’est plus qu’un journal.
C’est un ami fidèle qui rempli son rôle depuis 49 ans.
Un élément essentiel du paysage culturel biennois.

On peut toujours se remettre en question , chercher à l’améliorer, mais on ne pourra pas le remplacer.

Je pense aussi à toutes ces personnes qui n’utilisent pas internet et n’ont pas les moyens d’acheter le journal.
Cette partie de la population qui paye encore avec du cash, parce qu’elle ne sait pas utiliser Twint, et de toutes façons, n’a pas assez d’argent sur son compte..

Biel-Bienne c’est pour eux le moyen de se tenir informé, de se divertir, c’est quasi un rôle social rempli par ce journal.

Je ne suis pas naïve, c’est la publicité qui fait vivre un journal gratuit, .
La publicité d’adresse aux consommateurs, pas aux pauvres.

J’ai la sale impression que la Suisse, de plus en plus, et ça dure déjà depuis un moment, veut éliminer ses pauvres.

Au lieu de chercher des solutions, on en fait des assistés.
Condamnés à survivre dans la honte avec le tout juste nécessaire.

Je reste convaincue que chaque personne a sa place dans notre société si on reconnaît son potentiel.

J’aime la suisse, j’aime ma ville.
Ce qui me déplaît, (je parle en général) c’est quand certains décident pour les autres et abusent de leurs fonctions.
Que ce soit par soif de pouvoir , intérêt ou indifférence, le résultat est le même.

On laisse faire.
On ne se révolte pas.
On accepte sans rien dire,
Surtout, ne pas se faire remarquer.

Comme si nous ne voulions pas tirer d’enseignements de l’Histoire.

Pourtant, il y aurait d’autres façons d’agir.
On pourrait commencer par écouter tout le monde, les anciens et les jeunes.
Apprendre les uns des autres.

Sauver notre journal serait déjà un bon début.

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