C’est terrible, en ce moment.
Le monde prends conscience que les abuseurs sont partout.
Sont nombreux.
Et les abusées ? Elles , ils sont encore plus nombreuses et nombreux.
Je crois même, et c’est terrible, que toutes les personnes que je connais ont été abusées, d’une manière ou d’une autre.
Parce que les abus ne sont pas que sexuels.
Il y a les abus d’autorité, les abus de faiblesse, les abus de confiance, et d’autres encore.
Avec ce point commun que tous, sont des abus de pouvoir.
Prendre le dessus sur quelqu’un.
Anéantir sa volonté, sa personnalité.
Profiter de sa position de force, jusqu’à plier, casser l’autre, parfois définitivement.
Toujours en laissant des traces indélébiles.
Je l’ai été abusée . et pas qu’une fois.
A force, j’ai arrêté de compter.
A la réflexion, je me souviens mieux des fois où j’ai pu stopper ça.
Pour que ça s’arrête.
Parce que je ne veux pas être définie comme une victime et donner de l’importance à mes abuseurs.
Je me choisis.
Je choisis par conséquent d’être au côtés de celles et ceux qui parlent.
Je choisis de les croire et de les soutenir.
Quant aux abuseurs, ils n’auront que mon mépris.
Ma suprême indifférence.
Je souhaite qu’ils s’auto-détruisent.
Qu’ils périssent seuls .
Qu’on ne cite plus leurs noms.
Qu’on oublie jusqu’à leurs existences.
Et surtout, qu’on ne leur accorde plus une once d’énergie.
Parce que c’est triste à dire, mais les pires criminels re-4oivent des lettres d’amour en prison.
Pas parce qu’ils se repentent ou sont assaillis de remords.
Mais parce qu’ils sont célèbres.
La célébrité fait cet effet mystérieux qui transforment les rapports entre les gens.
Donc, adieu la célébrité.
Regardons plutôt celles et ceux qui arrivent.
Ceux qui vont prendre une place nouvelle.
Prévenus désormais que les temps ont changé.
J’ai presque 60 ans et je les ai vu changer, les temps.
Ce qu’on faisait hier, impunément et qui choque aujourd’hui.
Nos yeux se sont ouverts.
Notre parole commence à être entendue.
Parole des enfants, cris des animaux.
Ca compte bien davantage aujourd’hui.
Même si il reste du chemin.
Des arguments à dépoussiérer.
Ca prendra du temps.
On apprends à peine à dire « non ».
Quand j’étais enfant, prendre la parole était très compliqué.
Déjà parce qu’on nous donnait que très rarement l’occasion de nous exprimer.
C’était même considéré comme malpoli de parler à table.
Au même titre qu’y mettre ses coudes sur cette foutue table si sacrée du dîner familial.
Rajouter une bonne dose de culpabilisation catholique :
pêcheurs nous sommes et pêcheurs nous resterons.
Il y a des femmes, rares, mais elles existent, qui n’ont jamais de leur vie ressenti le mépris des hommes.
Il y a des hommes qui ne se rendent pas compte non plus que leur comportement est irrespectueux.
Parce qu’ils ont toujours eu ce droit de s’adresser aux femmes de cette manière.
Pourquoi ça changerait ?
Quel est le problème.?
Et ces femmes qui les défendent d’en rajouter une couche, pour plaire à ces mêmes hommes,
montrer qu’elles sont de leur côté.
Comme si ils étaient tous pareil !
On généralise à tout va…
Certains enfants peinent plus que d’autres à devenir des adultes.
Nous sommes tous si différents.
Mais j’espère que nous avons tous,
au fonds de nous ,
cette petite voix qui nous sert de conscience.
Surtout, qu’on l’écoute , si on le peux.
Qu’on essaie de comprendre.
En donnant le priorité aux plus démunis.
Parce qu’il est très difficile de se défendre lorsqu’on est à terre.
Ceux qui parlent ont besoin de notre soutien.