Je me souviens d’une expérience à la télé.
Il y a bien 20-30 ans.
Pour expliquer aux hommes ce que c’est d’être une femme, on les maquillait , avec une paire de faux seins et des talons haut en prime.
Coincés dans d’affreux collants et affublés d’une jupe, ils déambulaient 10 minutes avant de déclarer : olala.. c’est duuuur d’être une femme.
Heureusement, le temps passe et le monde, quoi qu’on en dise, évolue.
Depuis, par exemple, on s’est un peu penché sur nos cerveau.
Parce que oui, nous les femmes, avons un cerveau.
Tout le monde le sait maintenant, mais il n’y a pas si longtemps, en Suisse même, alors que j’étais déjà née,
on se posait encore la question si les femmes avaient le droit de voter.
Faire des enfants et le ménage, ok, mais parler politique ? trop compliqué pour nos neurones de femmes au foyer bien soumises à leur seigneur et maître : le mari.
Pourquoi le mari ?
Parce qu’une femelle sans époux ne pouvaient pas être une femme complète et normale.
Au mieux, c’était une fille.
Fille-mère, vieille fille… fille perdue…
J’exagère vous croyez ?
Laissons ça.
Nous avons fait du chemin et c’est bien.
Enfin, quand je dis nous, je ne parle pas pour tout le monde.
Etre une femme afghane actuellement signifie avoir perdu le droit d’exister.
Tout les droits retirés un à un, jusqu’à se retrouver enfermée dans une prison de tissus, et depuis peu une prison tout court puisque les fenêtres des maisons doivent désormais être murées,
histoire de réduire à néant, tout sentiment de liberté .Pour nous aussi, il reste du chemin.
Bien moins, mais tout de même.
C’est étrange tout ça, parce qu’il suffit d’être un peu observateur pour comprendre comme les femmes sont fortes.
Peut-être qu’elles sont si puissantes, justement, qu’elles font peur ?
Et c’est pour ça qu’on les brime.
Qu’on tente de les dresser, de les emprisonner, comme des animaux sauvages.
De nous mater , pour qu’on reste tranquille.
Et le pire, de nous faire croire que nous sommes inférieures, tant est si bien que ça a fonctionné.
Reléguées au second plan, nous nous sommes affaiblies peu à peu.
Allant jusqu’à participer à notre propre déchéance.
A la répercuter, de mère en filles.
Génération après génération.
Ce n’était pas beaucoup mieux pour les hommes.
Condamner à ne pas pleurer, ne pas montrer leurs sentiments.
A jouer au foot, même s’il n’aiment pas ça
Heureusement, il y a toujours eu des gens pour suivre une autre route.
Des hommes et des femmes courageux qui , de tout temps ont vécu autrement.
Quitte à en mourir.
On peut chercher des responsables : la religion, la politique.
Mais de le fonds, c’est nous, l’humanité.
Les hommes et les femmes qui ont fait tant d’erreurs.
Tant d’horreur aussi.
Alors, au final, c’est quoi.. être une femme.
Etre une femme c’est passer sa vie à choisir entre se soumettre ou se battre.
Je vous jure, j’en ai honte aujourd’hui, mais j’ai tenté de m’écraser pour voir.
C’était si profondément contre ma nature que je n’ai pas tenu longtemps.
Et le jour où je me suis enfin révoltée,j’aimerais que vous puissiez entendre la voix qui est sorti de mes entrailles.
Un rugissement d’abord.
Comme un tigre qu’on dérange en plein repas.
Ensuite, j’étais très calme, .
Implacable.
C’était la voix de la justice.
Aucun être humain n’a le droit d’en asservir un autre.
Je n’ai pas fuis.
Au contraire, j’ai jeté dehors l’individu qui m’avait manipulée.
Il se tenait en haut des escaliers,
pourtant, je le dominais.
J’ai même constaté dans son regard une sorte de peur.
Je lui ai laissé 10 minutes pour dégager.
Pas une de plus.
Cette voix là, qu’importe les mots, dans le fond,
c’était plus que la mienne.
C’est difficile à expliquer.
C’est comme si quelqu’un parlait à travers moi.
Presque, comme si j’étais possédée par une force bénéfique
capable de me protéger et d’éloigner le mal.
Je ne sais pas me battre, physiquement.
Mais les rares fois où j’ai été en danger, j’ai pu compter sur cette voix.
Je veux croire que nous l’avons tous en nous.
La voix de la vérité.
Il en faut vraiment beaucoup pour que ça sorte.
Ca n’est pas arrivé souvent, et heureusement.
Je crois vraiment que tout le monde peut avoir accès à cette voix..
Au moment juste.
C’est un cri, si il faut un cri.
Ce sont des paroles, si il faut des paroles.
Ca peut même être le silence.
Parce que ce silence là est aussi fort que des mots.
Si je me souviens bien, j’avais lu quelque part que cette voix existait.
Ensuite, j’en ai fait l’expérience.
Si j’en parle aujourd’hui, je me dis que, ça pourra peut-être aider quelqu’un de le savoir.
Je crois encore, que les animaux l’utilisent instinctivement.
Mais la plupart des humains ont oublié son existence et comment s’en servir.
Alors, en conclusion, ce qui fait une femme ,
c’est comme ce qui fait le ciel et la terre.
On sait sans savoir.