Le bon usage de la force

Je n’ai pas le coeur assez grand.
Aujourd’hui, il a failli céder.
En une seconde je l’ai senti imploser.
Heureusement, ça n’a pas duré. et quelques minutes après, il battait à nouveau normalement.
Est-ce qu’on peut mourir d’un trop-plein de bonheur ?

Jeudi, c’était jeudi et je n’oublierai jamais ce jour qui a concrétisé presque 15 ans de vie,
en assurant une place, un chemin vers la réussite ma petite-fille chérie.

Mais reprenons du début.

Dans la famille, nous sommes tous des artistes, à notre manière.

Achille écrit et imagine des personnages qu’il fait réaliser par d’autres artistes.
Ma fille, Hélène, écrit aussi, avec un talent fou qui dépasse de loin le mien. Elle fait du théatre, comme actrice, metteuse en scène et touche aussi au court-métrage.
Quand à moi, quel que soit le support, créer , c’est toute ma vie.

Arrive un jour Sidney , fille de ma fille..

Elle avait deux ans quand j’ai compris.

Très concentrée. sur la terrasse, avec ses petites mains, elle était en train de créer une installation.

Vous savez ? Quand un artiste se sert d’objets divers, qu’il réunit entre eux pour en faire quelque chose d’inédit? c’est ça une installation.
La sienne semblait représenter une sorte de planête.
C’était magnifique.
Je l’ai photographié, félicité.
Des qu’elle à pu tenir un crayon de couleur ses dessins ont envahi l’espace.
J’ai tout gardé, des cartons entiers remplis du moindre de ses traits.
Et mes murs recouverts de ses dessins.

Arrivée à l’adolescence, son monde c’est encore approfondis.
Ses oeuvres se sont faites plus sombres parfois, mais toujours avec ce sens aigu de la couleur qui m’épate à chaque fois.

J’ai voulu qu’elle maîtrise les outils d’aujourd’hui.
Tablette graphique, logiciel de dessin et d’animation.
Elle à compris rapidement, je ne lui ai rien appris.
Elle s’est toujours très bien débrouillée seule.
Jusqu’au jour ou il fut évident qu’elle était en train de me dépasser.

Vinrent les doutes, le sentiment d’imposture.
les questionnements et le délicat moment de la fin de scolarité redouté par tant de parents.
Mais que va-t-elle faire de sa vie ?

On dira sûrement un jour que son destin était tout tracé.
L’école d’art visuel à 100 mètre de chez moi.
Une talent évident.

Sauf que, le concours d’entrée est réputé pour sa difficulté.
Avec un nombre de place restreint.
Un examen sur trois mois.

J’ai aussi essayé ce concours, il est si difficile que je n’avais même pas passé la première étape.
Ce n’est pas une excuse, mais j’étais assez seule, dans ce processus.
Avec une confiance en moi proche de zéro.

Si vous avez un enfant artiste, alors, il est primordial de l’accompagner.
A la journée porte-ouverte déjà.
Poser les questions qu’il n’ose pas poser.
Et à la maison, pendant ces trois mois .
Sans jamais le stresser.
Supporter ses doutes, l’encourager, le rassurer constamment sur son talent.
Ne jamais critiquer ses oeuvres.
Le laisser respirer, y aller à son rythme.
Même si la dernière semaine approche dangereusement et qu’il n’est pas prêt.
Soyez a sa disposition pour jouer le rôle des professeurs qui lui poseront des questions.
Entraînez-le à répondre avec franchise, énergie et motivation.
Sans chercher à plaire.

Que va-t-il chercher dans cette école ?
Qui est-il ?
Que représente l’art ?
Quelles sont ses qualités ?

Ce genre de questions.
Jusqu’à ce qu’il arrive à répondre spontanément, la vérité.
En restant lui-même.

Sa mère , je suis tellement fière d’elle, à su faire tout ça parfaitement.
Sidney a travaillé très dur pour son animation.
Le moindre détail de chaque image.

quand elle me l’a montré, j’ai su que tout ce passerait bien.

Idem pour les autres parties des épreuves.
J’ai même eu une sorte de vision d’elle présentant son portfolio si sincère, si honnête sur qui elle est et ses capacités.
Tout était cohérent.
Evident.
Elle allait réussir.
Grâce à son talent, son travail, sa personnalité attachante.

Mais aussi grâce à ses proches, sa maman en premier, famille, amies, qui la soutiennent.

Etre un enfant artiste, c’est être très sensible.
Je vois maintenant que ça demande aussi de la force.

Parmi les questions des professeurs, il y a eu celle-ci : est-ce que tu es soutenue par ta famille ?
Je ne sais pas si la force vient de là, mais certainement ça contribue énormément à développer cette force.

Je le sais parce que sans vous, mes amis, sans votre soutien précieux, je n’aurais pas eu cette force qui m’a permis de soutenir ma petite-fille à mon tour.
Je vous en suis profondément reconnaissante.

Je remercie aussi cette école qui donne sa chance aux enfants de notre ville de suivre une formation de grande qualité, à ses frais.
Je remercie ma ville de Bienne que j’aime plus que jamais.
La Suisse, le monde, l’Univers, les Univers, le Cosmos tout entier !

Aujourd’hui, j’ai le coeur tellement rempli de joie, de fierté, de bonheur que je me sens presque mal.

Mais j’ai compris une chose importante.
Nous les êtres humains , pouvons soulever des montagnes.
Nous avons cette capacité de donner de la force aux autres.
C’est comme une grande chaîne.
Ceux qui ont reçu de la force la transmette à leur tour. etc…
Le monde peut être meilleur si on se décide à employer nos capacités avec des intentions sincères , gratuitement.
Sans rien attendre en retour.

Ca me fait penser que cette force,

cette benzine qui nous fait avancer

et nous rends meilleur,

C’est peut-être bien,

simplement

ce qu’on apelle

l’Amour.

.

L

Alors voilà ce que je ferais, si j’étais maire de Bienne, ou si j’ai un jour la force de concrétiser cette idée : une fondation pour que les enfants artistes aient un endroit, des moyens pour exercer leur art.
Mais aussi, et avant oput, une fondation qui soutiendrais les familles monoparentales, en leur donnant les moyens d’avoir un équilibre .
Equilibre financier . Assez de moyens pour vivre bien.
Pas juste survivre, comme le font les oeuvres sociales, mais avoir une certaine qualité de vie.
Celle que j’aurais apprécié, en mon temps.

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