La première fois, c’était à son entrée dans le tristement fameux loft.
Cette grande perche habillée ( si on peut dire) en bimbo, avec sa poitrine visiblement refaite, détonnait parmi les autres participants.
Elle se tenait un peu voûtée.
Comme si elle avait voulu disparaître, tant elle se sentait mal à l’aise.
Avec l’expérience que nous avons aujourd’hui de la télévison en général et de la télé-réalité en particulier, ça semble évident :
le casting était fait de *caractères ». : la fille simple de la campagne, le petit arabe sympa, le gay exubérant, le beau gosse, l’intello snob… etc.. et la bimbo.
On manquait cruellement de distance, à cette époque.
En 2026 par contre, il est quasi certain qu’aucun directeur de casting avisé, n’aurait choisi Loana.
On sait qu’elle avait un Q.I. supérieur à la moyenne, mais on aurait aussi détecté sa grande fragilité.
Lonana n’a pas été détruite par les excès de la célébrité : elle était cassée avant même de mettre le pieds dans le loft.
C’est mon avis.
Loana avait quelque chose de touchant.
On s’attachait à elle.
Malgré sa grande beauté, elle semblait un peu gauche, timide, peu sûre d’elle.
Un compliment la faisait rayonner.
Un mauvais regard l’éteignait.
On sentait ses traumatismes, mais aussi sa gentillesse, sa douceur.
On avait envie de la protéger.
Mais voilà, le plus grand ennemi de Loana était Loana elle-même.
Sa spirales d’auto-destruction et de sabotage était déjà bien installée.
J’avais vu des photos d’elle, dans son activité de go-go danseuse.
Son regard presque sauvage m’avait choquée.
Sa bouche un peu tordue par l’effort lui donnait un air presque cruel, vulgaire, malsain.
Comme si le milieu dans lequel elle évoluait déteignait sur elle.
Là ou les femmes ne sont que des objets de plaisir, et plus vraiment des êtres humains.
Elle avait besoin d’amour Loana, comme nous tous.
La vie sans amour n’est rien, disait Romain Gary.
Sur une estrade on est vue, désirée, et peut-être que , pour Loana, c’était déjä ça.
Son histoire a été racontée.
Pas tout-à-fait pareille.
Tant de fois racontée qu’à force nous pensons la connaître.
Pauvre Loana
Laona boulimique, abusée, abîmée par les anti-dépresseurs, salie par les hommes…
Laona adorée, Loana critiquée, Loana qui fait pitié.
Je crois que Loana faisait partie de ces gens dont la détresse est si grande que même les amis finissent par la fuir.
Son histoire , c’est un tragédie moderne, à une époque, pas si lointaine où la parole des femmes ne comptait pas beaucoup.
Quand on disait encore, qu’à cause de ses tenues provocantes, il fallait qu’elle s’attende aux abus.
que c’était sa faute.
Elle n’avait qu’à pas…
Tu veux être célèbre, ma grande ? Alors ne vient pas te plaindre si on essaie d’en profiter!
Je me souviens encore.
au début, tout semblait rouler.
Elle avait monté sa propre société de production.
Elle chantait.
Posait dans les magazines.
Là ou je l’ai trouvé la plus belle ; avec un grand pull , au naturel.
Ensuite, on a commencé à la retrouver, battue, inconsciente, abîmée.
Les photos d’elles avec le visage tuméfié.
Le mystère sur ce qui c’était passé.
Pourtant, elle ne c’était pas fait ça toute seule !
Alors ? qui a payé pour avoir détruit Loana ?
Ensuite, elle essayait de se reconstruire.
Toujours moins belle, toujours plus bouffie par les médicaments.
La cocaïne pour paraître, les benzos pour dormir.
Loana toxico…
Le contraste entre sa beauté du début et son état quelques années plus tard donnait l’impression d’un grand gaspillage.
La faute à qui ?
Les médias, les producteurs, les faux-amis? ou un peu tout e monde.
Et arrivait un nouvel abus, encore pire que le précédent.
A force, on en parlait plus, c’était devenu banal.
Loana, n’était déjà plus qu’une version d’elle-même qui s’accrochait de moins en moins à la vie.
48 ans.
Elle à tenu 48 ans.
Avant qu’on la retrouve avec le crâne ouvert, morte depuis plusieurs jours, avec son petit chien.
J »ai vu quelque part qu’Alexia Laroche-Joubert, la productrice du loft, payait le loyer de son appartement.
Loana n’avait plus de ressources.
Forcément, je me demande, comment on aurait pu aider Loana.
Quel amie fidèle serait resté à ses côtés pendant plus de 30 ?
Je veux croire que , tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir.
Personne ne devrait être irrécupérable.