J’ai eu un choc aujourd’hui, en voyant son nom avec deux dates en-dessous qui ne laissaient planer aucun doute : Martin n’est plus.
Une bougie rituelle accompagnait le tout et sa flamme tremblotante semblait rappeler la personne qu’il était.
Ceux qui le connaissaient disaient tous la même chose : il n’est plus comme avant.
Même si il se battait depuis très longtemps contre la maladie, il se plaignait rarement.
D’ailleurs, il ne parlait pas beaucoup en général.
Une fois, il m’avait demandé si j’avais la foi.
Lui, il l’avait.
On a discuté un peu, sur le sujet.
Ses yeux s’ouvraient , pétillaient et puis, il retombait dans son espèce de torpeur fébrile.
Fumant clopes sur clopes, mais sans avaler la fumée.
Une autre fois, je l’ai vu jouer de la batterie.
Précis , régulier, concentré.
Martin était très malade.
Il tombait parfais, à cause de son ostéoporose, et s’est relevé chaque fois.
Puis une autre maladie a gagné ses pieds.
Sans compter ce que je ne savais sûrement pas.
Il souffrait beaucoup.
Parlait de moins en moins et c’est bien dommage.
J’ai compris trop tard que, lorsqu’il nous demandait de lui rouler une cigarette, ce n’était pas par paresse.
Simplement, il n’en avait plus la force.
Tout le monde l’aimait bien.
Un peu comme un vieil oncle, parfois un peu énervant qu’on a l’habitude de voir.
Je crois bien qu’il en avait assez de se battre.
Finalement, je le connaissait assez peu.
Il était né en 1963.
Il n’était pas si vieux.
Ceux qui ont pris le temps de lui parler se souviendront de lui comme d’un homme intelligent et cultivé.
Ouvert sur les autres.
Qui avait à coeur d’être correct.
Je ne sais pas pourquoi certains d’entre nous doivent tant souffrir.
Ca a quelque chose d’immensément injuste.
Martin, je ne l’ai connu que comme ça, je regrette de ne pas lui avoir parlé davantage
pour en savoir plus sur la personne qu’il était
avant que les maux ne prennent le contrôle.
La douleur ne devrait jamais être la définition d’un homme.
Est-ce qu’il avait connu l’amour, eu des enfants ?
Peut-être qu’il a eu un travail qu’il aimait ? Peut-être pas.
Je demanderai.
Est-ce qu’il faut absolument avoir fait de grandes choses pour qu’on se souvienne de nous ?
et puis qu’est-ce que j’en sais de sa vie ?
Adieu Martin, je souhaite que tu aies trouvé la paix.
On se souviendra de toi.
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