La ligne du coeur

Vous connaissez la ligne du coeur ?

C’est une émission de radio , suisse.

Les gens peuvent téléphoner et l’animateur l’écoute, lui pose des questions, et essaie de lui remonter le moral, en gros.

On peut rester anonyme, ou pas.

Ce soir là, je ne sais pas ce qui m’a pris.

C’était la fin de l’année et j’étais au plus bas moralement.

Toute seule chez moi, pendant que le reste de la famille fêtait sans moi.

Je crois que je m’excluais toute seule.

J’allais si mal, qu’on savait d’avance que je ne viendrais plus à aucune fête familiale.

Du coup, on ne me demandais plus.

Mes pauvres parents ne savaient plus quoi faire pour m’aider

Dans toute ma vie, jamais je ne me suis sentie aussi seule que ce jour là.

Triste histoire.. mais attendez, vous allez voir pourquoi j’en parle.

J’écoutais la radio, par hasard

, et j’ai appelé,

sans grand espoir.

 

Une jeune femme m’a répondu ,

et très délicatement, m’a persuadée de parler avec l’animateur

en respectant mon anonymat.

Il m’a posé quelques questions

et j’ai répondu, le plus honnêtement possible.

Je ne voyais aucun espoir dans ma vie.

Condamnée à tourner en rond.

Comme un de ces âne, ou un vieux chameau qu’on attache pour lui faire moudre du grain.

En pire parce que je me sentais parfaitement inutile

Je ne vais pas trop en rajouter, parce que ce qui importe c’est la suite.

L’animateur prononce ces mots qui restent à jamais dans mon esprit .

Des mots tout simples, mais qui ont eu une grande influence.

 

Il à dit qu’il espérait que l’année prochaine à la même époque j’irai beaucoup mieux.

 

Ce qui me semblait totalement impossible.

Même mon psy n’y croyait plus.

Je voyais son impuissance, et je ne pouvais faire  que pleurer.

Du coup, il me donnait des rendez-vous de plus en plus éloignés, pretextant des vacances.

Mais j’ai su qu’en vérité, il continuait de travailler avec ses autres patients.

Vous voyez un peu ?

Personne ne pouvait rien pour moi.

Mes amis fuyaient, je faisais le vide au point de ne plus pouvoir compter sur personne, même pas moi.

Bref.

Dans cette nuit qu’était ma vie,

la petite phrase

 

 

 

devint petite lumière.

( à suivre)