Bienne et moi

On revit.

Avec mon sourire tout neuf, et ce festival tout neuf aussi qui remodèle nos façades respectives.

Un grand et beau festival.

Très bien organisé.

J’en reparlerai sûrement, mais franchement, je dois dire, que personne ne s’attendait à ça.

Imaginez le temps qu’il a fallu pour installer un Nyon, un Leysin et les cohortes de festivaliers bordéliques qui allaient avec.

Au Lakelive, tout se passe, dans l’ordre et la propreté.

Le calme, le respect , la bonne ambiance, il faut le dire, assez classe , comparée aux autres festivaux.

La partie gratuite, l’offre culturelle, la bonne idée de faire participer les biennois, par ce charmant garçon dont j’ai oublié le nom, mais qui me dit toujours bonjour en souriant quand il me croise.

Maintenant, grâce à mon merveilleux dentiste je souris aussi.

Il y a des grands miracles, genre Jésus qui se ballade à la surface de l’eau sans mouiller ses sandales, et les autres.

Ceux qu’on ne remarque pas forcément.

Mais installer un festival de 9 jours avec une programmation pas trop tapageuse, et attirer tant de monde, c’est une forme de miracle.

c’est bon pour notre ville.

Et tout ceux qui ont contribué à ce travail devraient être remerciés.

Un autre miracle, plus personnel, c’est le mien, avec mon dentiste.

Je vous jure que c’est vrai.

J’en ai rêvé avant, et ça c’est produit.

En une seule séance, mon dentiste me réparait toutes les dents qui m’empêchaient de sourire.

Le genre de truc totalement improbable, vu le boulot que c’est de remodeler

totalement une dent :

en faire 4, en une heure, c’est juste fou.

Surtout que ce n’était pas prévu.

Il me dit d’abord,  « bon on va faire cette molaire… »

Je me résigne, mais je lui dit quand même  :

« Vous savez, je n’ai plus mal du tout, nul part, mais ces grosses caries qui m’empêchent de sourire, je serai contente quand ça sera fait.

Alors, il a pris sa respiration, et comme un défi, il s’est mis à travailler.

Sans perdre un seconde.

Intensivement.

Piqûres, directement la grosse dose.

Et c’est parti.

Tchac, tchac, bzz, bzz.

Il est toujours rapide et efficace, mais là , ça relevait du défi personnel.

 

4 dents, foutues des deux côtés, à reconstruire.

Quand j’ai compris ce qu’il faisait, une grosse émotion m’a pris.

comme une masse dans la poitrine qui se réveille et se secoue,

en sanglots intérieurs.

Et les larmes ont coulés.

Sans discontinuer.

Aucune douleur.

Juste une joie profonde.

Dans le reflet de la lumière, je voyais mon sourire, mais je ne pouvais pas y croire.

Quand il a terminé, je me suis levée.

Et j’ai vu la grande bonté dans ses yeux.

Mais le Dr.Januth n’est pas du style à s’auto-acclamer.

Il a récupéré mon sac, en me disant que je devais y aller maintenant.

Je voulais lui dire autre chose que seulement « merci ».

Mais , j’ai vu qu’il savait parfaitement le bien qu’il avait fait.

Bien sûr, je me demande ce que ça va me coûter…

On verra bien.

Par contre, je vois déjà ce que ça m’apporte.

Je revis.

Je peux sourire.

Enfin.

Cette année n’est décidément pas comme les autres.

Ni pour Bienne, ni pour moi.

Autant cabossées que nous sommes,

si on prends soin de nous,

alors,

nous pouvons faire de grande choses.